Journée d’études « Actualités de la violence en politique » – Joëlle Zask

Argument de la journée :
Actes terroristes, gilets jaunes, violences policières, luttes armées, la violence est partout, son actualité brûlante, même dans les démocraties libérales dont la forme était destinée à l’éviter. Réputée monopole de l’État il fut un temps, son usage s’est répandu face à des gouvernements réputés sourds et des populations jugées coupables. Est-il légitime ? Quelles sont les formes de violence dominantes aujourd’hui ? Quels sont les raisonnements sur lesquels nous nous appuyons pour les condamner ou, au contraire, pour les justifier ? Bref, que dit la violence de notre monde contemporain et de notre citoyenneté ?

Modes d’être, degrés d’être

Pour la troisième année consécutive, le département de Philosophie d’Aix-Marseille Université et l’Institut d’Histoire de la Philosophie organisent des journées de philosophie analytique avec des chercheurs de dimension internationale.
Ces journées sont adossées, pour que les étudiants puissent en tirer parti, à un séminaire ouverts à tous les étudiants mais destinés plus particulièrement aux doctorants de l’Institut d’Histoire de la Philosophie qui, par ses recherches en histoire de la philosophie contemporaine, continue la tradition aixoise de recherche en philosophie analytique. Ce séminaire portera, au second semestre 2018-2019, sur « Modes d’être, degrés d’être » sous la responsabilité d’Isabelle Pariente-Butterlin et de Guillaume Bucchioni.

Descriptif du projet :

La notion d’« être » est une des notions fondamentales de la philosophie en général et de l’ontologie en particulier. Un des types de questionnement portant sur cette notion a pour objet la nature de l’être. Il peut être formulé par la question suivante : « Qu’est-ce que l’être ? ». Nous essayerons, dans cette journée, de répondre aux questions suivantes : Que signifie pour une entité « exister »? Le sens du mot « être » est-il univoque ou au contraire ce terme admet-il des sens différents ? Y a-t-il des modes, des sortes ou des façons d’être différents correspondant aux différents sens du mot être ? Doit-on distinguer être, exister tout-court, exister, subsister, etc…? Y-a-t-il des degrés d’être, c’est-à-dire y-a-t-il des entités qui existent plus que d’autres ou tout ce qui existe existe-t-il au même degré ? Les questions sont aussi nombreuses que fondamentales.
Cette journée a pour but de traiter plus précisément ces notions de modes et de degrés d’être. Historiquement, depuis Platon jusqu’à Husserl en passant par Aristote, Thomas d’Aquin, Descartes, Kant, Russell, Moore, les notions de modes et degrés d’être ont toujours été présentes dans la recherche métaphysique et deux thèses n’ont cessé de s’opposer, celle de l’unité et de l’unicité de l’être, et celle de l’existence de degrés voire de modes d’êtres.
Puis l’étude et l’utilisation de ces notions ont été abandonnés avec le tournant amorcé par Quine, puis continué dans le paradigme néo-quininen, selon lequel il n’y a ni mode d’être ni degré d’être, mais où être c’est tout simplement être une valeur d’une variable. Ce questionnement a ressurgi récemment dans le cadre de la métaphysique contemporaine grâce notamment aux travaux de Kris McDaniel et à son ouvrage récent The Fragmentation of Being.
Nous souhaitons dans cette journée poursuivre cette réflexion sur les modes et degrés d’être et la mener dans les différents champs et domaines de la philosophie comme, pour n’en donner que quelques exemples, l’histoire de la philosophie, la philosophie morale, l’esthétique, la logique, la philosophie analytique, ou encore la métaphysique.

Organisation de la journée :
Selon le modèle bien établi de ces journées de philosophie analytique, qui réunissent des chercheurs éminents dans ce domaine et de réputation internationale, la matinée portera sur des questions liées à l’histoire de la philosophie analytique et l’après-midi portera sur des développements plus contemporains de la question.
Matinée : La question des modes et des degrés d’être dans sa dimension historique
9h : accueil des participants ; allocutions d’ouverture
9h30 : Guillaume Bucchioni Le paradigme néo-aristotélicien vs le paradigme des degrés d’être
Le but de cette intervention est de présenter la notion de degrés d’être au travers d’une question méta-ontologique : quel est le but de l’ontologie ? Depuis Quine, la réponse communément acceptée est que le but de l’ontologie est de déterminer ce qui existe (ce qu’il y a). Cette réponse forme un paradigme appelé le paradigme néo-quinien (PNQ). Récemment, plusieurs philosophes ont critiqués PNQ et ont proposé un nouveau paradigme, le paradigme néo-aristotélicien (PNA), selon lequel le but de l’ontologie n’est pas de déterminer ce qui existe mais ce qui est fondamental et ce qui est dérivé. Encore plus récemment, McDaniel et Turner ont remis au goût du jour la notion de degrés d’être. Je souhaite montrer que cette notion peut permettre de construire un nouveau paradigme, le paradigme des degrés d’être (PDE), selon lequel le but de l’ontologie est de déterminer le degré d’être des entités. Je souhaite montrer que PDE possède le même avantage que PNA face à PNQ mais qu’il est idéologiquement plus parcimonieux et qu’il n’est pas soumis aux critiques que rencontrent PNA.
10h 15 : Sébastien Richard : Vers une hiérarchie ingardénienne des degrés d’être
La thèse du pluralisme ontologique, ou du pluralisme existentiel, comme Ingarden aimait à l’appeler, soutient qu’il existe différentes manières d’être, plusieurs modes d’être qui échoient aux objets. Si l’on admet cette thèse s’ouvre la possibilité d’une hiérarchie des modes d’être, certains objets ayant plus d’être que d’autres. Par exemple, Dieu semble exister plus pleinement que sa création ou Mme Bovary davantage que Flaubert. Le phénoménologue polonais Roman Ingarden défendait une telle idée, mais ne l’a jamais articulée de manière systématique. Dans cette conférence, je me propose de montrer comment son ontologie possède toutefois les ressources pour élaborer une hiérarchie permettant de classer tous les objets selon leur degré d’être. Ingarden analysait les différents modes d’être possibles selon une combinatoire de moments existentiels représentant autant de variétés de dépendance existentielle. L’idée centrale que j’avancerai alors est qu’un objet possède un degré d’être supérieur à celui d’un autre objet si le premier, en vertu du mode d’être qui lui échoie, en vertu de son essence, est davantage indépendant existentiellement que le second.
11h : Jean-Maurice Monnoyer : Le pluralisme des modes
Le débat sur le pluralisme ontologique affecte la nature des modes, mais ils ne sont pas en eux-mêmes autre chose que des caractérisations, et non des entités à part entière : sous ce simple rapport, ils ne sont pas des modes d’être au sens absolu. Je discuterai donc dans cet exposé des acceptions reçues en interrogeant l’hypothèse de la fragmentation et de la quantification des existants, afin de mieux cerner la division ancienne des modes adesse et abesse. Puis je me risquerai à entrer dans le cœur du problème à partir de la discussion récente : faut-il penser qu’il y a des choses constituées de modes, et une autre réalité qui ne peut être cependant une Überrealität : ni un éther, ni une extension indéterminée de la matière (stuff) ? L’idée d’une fragmentation suppose une analyse temporelle implicite qui va à l’encontre de la caractérisation, et qui laisse place à une perplexité nouvelle.11h45 : Discussion
12h30-14h Pause déjeuner
Après-midi : Aperçus contemporains sur le renouveau de la question
14h : François Clementz : Sur l’origine et l’absence de fondement de l’inégalité parmi les modes d’être
Que l’être se dise en plusieurs sens, auxquels correspondent autant de « manières » différentes d’exister, ne signifie pas qu’il existe à des « degrés » divers. Des modes aux degrés de l’être, la conséquence n’est pas nécessairement bonne.
Dans la première partie de mon exposé, et en repartant d’Aristote, je reviens sur la généalogie tant historique que conceptuelle de la confusion qui a pu s’établir au fil des siècles (et continue parfois de régner) ce point, et je soutiens qu’elle repose au moins pour une part, justement, sur une « erreur de catégorie ». Dans un second temps, je tente d’illustrer et d’étayer mon propos en examinant, sous cet angle un peu particulier, l’évolution des idées de Bertrand Russell touchant le statut ontologique et le mode d’être des relations.
14h45 : Baptiste Le Bihan : Contre la fragmentation de l’existence
Je commencerai par présenter deux cas possibles de fragmentation de l’existence en types (1. une réification des existences abstraite et concrète et 2. une certaine interprétation de la réification des niveaux de description), et deux cas de fragmentation de l’existence en degrés (3. le présentisme à degrés, et 4. le vague ontologique). Je soutiendrai qu’il ne faut pas morceler l’existence, que ces morceaux d’existence soient des types d’existence ou des degrés d’existence, impliquant de rejeter les approches présentées auparavant. A cet effet, je discuterai un argument récemment avancé par Trenton Merricks contre les types d’existence en soutenant qu’il peut être généralisé pour cibler les degrés d’existence.
16h : Peter Simons : L’être : pas des modes, pas clairement des degrés
La théorie des modes d’être vient d’Aristote. Mais sa théorie des définitions, qui implique ces modes, n’est pas obligatoire, et Aristote même viole ces propres normes. Il y a bien sûr beaucoup de sortes différentes des êtres, mais aucune raison d’accepter des modes d’être. À l’autre côté, à cause du vague on peut croire qu’il y a des propositions d’existence ni vraies ni fausses. S’il suit de ça qu’il y a des degrés d’être reste une question ouverte.
16h45 : Discussion et discussion générale

Dostoïevski philosophe

9h Accueil des participants
9h15 Ouverture de la journée
Dostoïevski et la philosophie
9h20-10h Ioulia Podoroga, Institut d’études avancées de Paris, docteur en philosophie, collaboratrice à l’Université de Genève
Peut-on parler de philosophie de Dostoïevski ?
10h-10h40 Isabelle Pariente Butterlin, Professeur Aix Marseille Université, IHP
L’addiction dans l’épaisseur concrète du réel. Autour du Joueur de Dostoievski.
10h40-11h Pause
11h00-11h40 Christine Noël Lemaitre, Maitre de conférences HDR Aix Marseille Université, IHP
Nietzsche lecteur de Dostoïevski
11h40-12h20 Pierre Lamblé, professeur agrégé en lettres modernes, docteur en littératures comparées, HDR.
Dostoïevski inspirateur de Levinas : la construction du Moi et de l’autre, questions d’identité, jeux de miroir, et découverte du « visage » dans le développement de l’éthique de la conscience dostoïevskienne.
12h30-14h Pause Déjeuner
14h-14h40
Natalia Pashkeeva, PhD en histoire et civilisation, CERCEC, EHESS
Le « vrai prophète » souffrant de la question de l’existence de Dieu : Fiodor Dostoïevski dans les écrits des penseurs religieux russes émigrés.
14h40-15h20 Layla Raid, Professeur de Philosophie à l’Université de Picardie Jules Verne, CURAPP ESS UMR 7319
Wittgenstein, Dostoïevski et le souterrain
15h20-15h30 Conclusions et perspectives
Abstract des communications
Peut-on parler de philosophie de Dostoïevski ?
Par Ioulia Podoroga
En l’absence de tradition philosophique stricto sensu, c’est la littérature qui assume, en Russie, le rôle de réflexion critique sur la société et ses problèmes, et c’est également en son sein que surgit la question – si importante pour la Russie – de l’identité nationale. Oscillant entre la littérature et le sentiment religieux, la pensée se cristallise, vers la fin du XIXe siècle, sous la forme d’un courant qu’on appelle la « philosophie religieuse russe », inaugurée par Vladimir Soloviev. Proche de Soloviev et souvent mobilisé par les philosophes religieux, Dostoïevski devient vite une figure de référence non seulement littéraire, mais aussi philosophique. Ses romans se présentent comme un champ de bataille complexe entre plusieurs idées dont ses personnages sont les incarnations. Or, puisque cette mise en scène des idées s’opère sur le plan littéraire et non pas strictement philosophique, ce sont des idées-passions, idées-affects et non pas des idées « pures » (« rationnelles ») qui sont au centre de ses romans. Dans cet exposé, je me propose d’abord de revenir sur le processus de « philosophisation » de Dostoïevski dans la critique russe de l’époque. Je traiterai ensuite de la transformation littéraire des idées dans ses romans : la manière dont elles s’inscrivent dans le tissu du texte même, se conjuguent à des actions et des agissements des personnages, sont accompagnées d’un certain vocabulaire, etc.
L’addiction dans l’épaisseur concrète du réel. Autour du Joueur de Dostoïevski
Par Isabelle Pariente Butterlin
Dostoïevski, aussi bien dans le cours de son existence que dans un roman comme Le Joueur, a rencontré les situations d’addiction au jeu qu’il a décrites très finement. Je reviendrai sur la description qu’il en fait pour interroger les concepts par lesquels nous la saisissons dans le champ de la philosophie de l’action contemporaine et pour les mettre au regard de l’apport spécifique qui est celui de Dostoïevski. De manière générale, cela me permettra aussi d’interroger ce que la forme du roman permet de dire d’une situation dans la saisie de son épaisseur concrète et d’envisager le dialogue entre philosophie et forme romancée.
Nietzsche lecteur de Dostoïevski
Par Christine Noël Lemaitre
Une lecture rapide de l’œuvre de Nietzsche et de celle de Dostoïevski procure le sentiment d’une étrange familiarité entre ces deux auteurs. Cette proximité est soulignée dès 1926 par Léon Chestov (Philosophie de la tragédie : Dostoïevski et Nietzsche, traduit en français par B. de Schloezer, Paris, Schiffrin). Pourtant, si la lecture de Dostoïevski par Nietzsche a suscité une effervescence dont le philosophe allemand témoigne dans sa correspondance, semblable à celle qui peut naître de la rencontre d’une âme sœur, Nietzsche emprunte en réalité très peu de choses à la pensée du romancier russe. Sa découverte de Dostoïevski date d’ailleurs de 1887, date à laquelle la pensée de Nietzsche est largement élaborée. L’objet de cette communication est de clarifier le rapport de Nietzsche à Dostoïevski en précisant la nature concrète des emprunts du philosophe allemand au romancier russe et en restituant l’influence réelle de Dostoïevski sur ce penseur du sous-sol.
Dostoïevski inspirateur de Levinas : la construction du Moi et de l’autre, questions d’identité, jeux de miroir, et découverte du « visage » dans le développement de l’éthique de la conscience dostoïevskienne
Par Pierre Lamblé
La question de la construction du moi structure l’évolution de la pensée morale de Dostoïevski, à partir de son roman Le Double, dans lequel l’autre est d’abord pensé comme un autre moi-même, avec lequel le moi entre en concurrence frontale, jusqu’à son autodestruction. Cette thématique du double se développe en particulier dans L’Idiot, avec la concurrence que se livrent Rogojine et le prince Muichkine pour la possession de Nastassia. Mais dans les deux petits romans La Douce et Le Songe d’un homme ridicule, Dostoïevski découvre l’autre comme réellement autre, irréductible à un genre auquel il appartiendrait au même titre que le moi, et la relation entre le moi et l’autre prend le pas sur la question de l’identité réelle du moi. Ce qui se met à exister, prioritairement à moi, c’est la relation à l’autre. Dostoïevski jette ainsi les bases d’une éthique fondée sur une transcendance de la relation qu’il va exposer ensuite de manière plus complète dans Les Frères Karamazov ; la découverte du visage de son ordonnance qu’il a giflée ouvre la pensée de Zosime sur l’infini de l’autre et d’Autrui, lui fait abandonner l’idée de la liberté comme expression spontanée de l’ipséité, pour la redécouvrir dans le choix de la responsabilité infinie de tous et pour tous.
Le « vrai prophète » souffrant de la question de l’existence de Dieu : Fiodor Dostoïevski dans les écrits des penseurs religieux russes émigrés.
Par Natalia Pashkeeva
Une attention toute particulière fut accordée à la figure de l’écrivain et philosophe Fiodor Dostoïevski par les intellectuels émigrés ou expulsés de la Russie après l’Octobre 1917. La révolution et les persécutions de dissidents par le régime soviétique promouvant une idéologie matérialiste redynamisèrent la philosophie religieuse russe. Les penseurs émigrés de la génération aînée cherchaient à prouver la validité des valeurs qu’ils associaient à un « type spirituel » forgé au sein de l’orthodoxie russe. Leur attachement symbolique et affectif à l’héritage culturel de la « sainte Russie », la peur de sa dissolution complète renforcèrent la résistance aux influences occidentales. Ils s’efforcèrent de diffuser en Occident une nouvelle vision de la culture orthodoxe, indépendante de l’image négative de l’Église russe exercée à l’obéissance au pouvoir politique du Tsar. Ils insistèrent sur le besoin de distinguer la doctrine théologique orthodoxe obligatoire, constituée en système, et le « vrai » esprit de l’orthodoxie russe qui se nourrissait de « l’idéal de la sainteté » entendu comme un ensemble des valeurs formulé par opposition à l’Occident. À la religiosité « rationalisée » de type occidental, adaptée à la civilisation et propageant une discipline de vie, fut opposée une religiosité orthodoxe russe non-normative, axée sur la communion avec Dieu et sur le mystère de la vie divine inexprimable par la pensée rationnelle, aspirant à la vie éternelle et marqué par un esprit prophétique et par une liberté absolue de l’esprit. Ce « véritable » esprit orthodoxe, il fut reconstitué à travers l’atmosphère que le peuple russe respirait (le culte, les icônes, le startchestvo) et par laquelle étaient nourries les œuvres des écrivains et penseurs profanes pénétrées de l’idée religieuse. Selon les penseurs religieux émigrés, Fiodor Dostoïevski, porteur d’un sentiment très russe, avait démontré le destin tragique de la civilisation moderne qui, s’étant défaite du lien avec l’énergie divine, se trouva détachée des sources de la vie et renfermée en soi. Le rôle prophétique de Dostoïevski dans l’histoire du monde fut affirmé, comme si tout ce que la Russie vivait après 1917 avait été esquissé dans les écrits de cet écrivain-philosophe, penseur incompréhensible à l’esprit de l’Occident. La critique que les penseurs religieux émigrés adressaient à la civilisation « à l’européenne » comme ayant perdu le sens du mystère et le sentiment de sa dépendance de Dieu, était alimentée par des idées formulées par Dostoïevski. Le peuple russe qu’il avait décrit était un peuple élu parce que, ayant gardé la religion du Christ dans sa pureté primitive, il professait un christianisme anti-individualiste et intégrationniste, proclamant que tous soient unis ontologiquement et réfutant l’universalité par coercition extérieure.
Wittgenstein, Dostoievsky et le souterrain
Par Layla Raid
La philosophie du langage ordinaire de Wittgenstein a donné naissance à une nouvelle critique, l’Ordinary Language Criticism, où la littérature est interprétée comme une exploration conceptuelle des formes de la vie humaine. Nous lisons les Notes d’un souterrain de Dostoïevski à l’aune de cette critique, à partir d’un commentaire de Wittgenstein sur la connaissance de soi malheureuse qui caractérise l’homme du souterrain : affirmant qu’([aucune] description de lui-même ne peut résister devant l’attitude qu’il adopte face à elle), il lit les Notes comme une grammaire philosophique de la subjectivité et de ses troubles.

L’autogouvernement

Journée d’études franco-québéquoise
(séance ouverte à tous)
« Autogouvernement »
3 avril 2019
Maison de la recherche, AMU, Salle 3.43 Bâtiment T2
Sous la responsabilité de Joëlle Zask
Sous l’égide de l’université d’Aix-Marseille, de la faculté ALLSH, de l’IHP

10h — Joëlle Zask (professeure, AMU, IHP) : Introduction et présentation
10h30 — Mélissa Thériault (professeure, université Trois Rivières, Québec) : Souveraineté culturelle des peuples autochtones : « l’artivisme » comme outil d’autodétermination.
11h15 — Catherine Chaberty, Jean Carlos Akibode (étudiants de master, AMU), Apprendre par soi-même.
11h45 — Nicolas Bernier (doctorant, Université de Sherbrooke, Québec) : L’autogouvernement selon Dewey et Addams: obstacles et défis d’un idéal inachevé.
12h30 — fin de la matinée, déjeuner.
14h — Imen Bouallegue, Elise Ridolfi (étudiants de master, AMU) : L’Autodidacte
14h30 — Luc Gwiazdzinski (professeur, université Grenoble Alpes, Pacte) : Ronds-points, ZAD, Nuit debout et places du monde : L’hypothèse d’un dispositif apprenant
15h15 — Alain Létourneau (professeur, université de Sherbrooke, Québec) : La gouvernance est-elle aux antipodes de l’autogouvernement?
16h — Ingrid Tafere (doctorante, AMU, IHP) : Sociabilités, quotidien et démocratie. En quête d’une vie « normale »
16h45 — Joris Desmaret et Aimé Césaire Metena (étudiants de master, AMU) : Le rôle des patients dans les parcours de soin
17h15 — discussion générale et conclusion