7èmes Journées de métaéthique

7èmes JOURNÉES DE MÉTAÉTHIQUE « L’erreur morale » Aix-Marseille Université, 31mars-1er avril 2020 L’Institut d’Histoire de la Philosophie et le Département de philosophie de l’Université d’Aix-Marseille accueillent les 7èmes Journées de métaéthique, qui se tiendront à Aix-en-Provence les 31 mars, 1er avril 2020. Le thème central des 7èmes Journées de métaéthique sera « L’erreur morale ». La métaéthique a modifié notre interrogation sur l’éthique : elle a fait en sorte que le travail du philosophe éthicien ne consiste plus seulement à édicter des normes et des valeurs, ce qui le mettait dans une situation étrange à l’intérieur du champ philosophique puisque, seul, il constituait l’objet de sa réflexion alors que l’épistémologue ou l’esthéticien interrogent des objets constitués en dehors de son activité. Elle a permis de réintégrer l’éthique dans le champ de la philosophie analytique qui avait commencé par l’exclure au motif que les énoncés éthique ne sont ni vrais ni faux. Dans ce cadre, la théorie de l’erreur morale développée par John Mackie (1977) vient semer le doute et un soupçon d’irrationalité sur nos croyances éthiques, et sur les normes et les valeurs qu’elles nous conduisent à affirmer. Tout cela ne serait-il pas, au fond, bien étrange et bien fragile… ? C’est à interroger la rationalité (ou l’étrangeté) de nos positions éthiques que ces journées se consacreront. Pouvons-nous être sûrs, en pratique, de ne pas nous tromper ? L’éthique existe-t-elle comme discours rationnel ? Avec le soutient de l’Institut d’Histoire de la Philosophie, du Département de Philosophie , de l’U.F.R. A.L.L.S.H., Aix-Marseille Université, et de l’I.U.F. 31 mars 2020 – Bâtiment multimédia – salle colloque 2 8h30 Accueil des participants 9h : Ouverture des travaux 9h15-10h15 Filippo Magni, Université de Pavie Relativity and Moral Errors. Some reflections from Mackie 10h15-11h Simon-Pierre Chevarie Cossette, St John’s College Oxford, King’s College London Théorie de l’erreur : quelle erreur ? (Pause) 11h15-12h Stéphane Lemaire, Université de Rennes Théorie de l’erreur, révision conceptuelle et propriétés normatives 12h-12h45 Stéphane Chauvier, Sorbonne Université Asymétrie morale et asymétrie épistémique : pourquoi se trompe-t-on plus aisément dans le bien que l’on peut faire que dans le mal que l’on doit éviter ? Pause déjeuner 14h15-15h Pierre Livet, Aix-Marseille Université L’erreur morale, et l’éthique comme interrogations 15h-15h45 Vincent Boyer, Sorbonne Université Théorie de l’erreur morale et fictionnalisme humien (Pause) 16h-16h45 Charles Côté-Bouchard, King’s College Théorie de l’erreur, auto-destruction et scepticismes 16h45-17h30 Laurent Jaffro, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, I.U.F. Titre. L’erreur morale invincible 01 avril 2020 – Le Cube, salle 201 9h15-10h15 Sarah Stroud, Université de Caroline du Nord Titre. Torts relationnels 10h15-11h Yann Schmitt, Académie de Créteil Titre. Il existe des vérités morales. Une relecture du cognitivisme antiréaliste de Parfit (Pause) 11h15-12h Maxime Kristanek, Aix-Marseille Université Titre. L’argument de l’étrangeté présuppose-t-il le scientisme ontologique ? 12h-12h45 Cyrille Michon, Université de Nantes Titre. la doctrine du double effet, entre erreur et hypocrisie morales 14h30 – 17h Table-ronde autour du Manuel de métaéthique, dirigé par Ophélie Desmons, Stéphane Lemaire et Patrick Turmel, en présence d’Ophélie Desmons et Stéphane Lemaire Vincent Boyer : II. Les jugements moraux sont-ils descriptifs ? Charles Côté-Bouchard : III. Les jugements moraux sont-ils relatifs ? Maxime Kristanek : IV. Les jugements moraux sont-ils faux ? Yann Schmitt : V. Le rationalisme moral Samuel Lépine : VI. Les sentimentalismes moraux Sarah Stroud : VII. Le constructivisme moral Jaques-Henri Vollet : X. Primauté des raisons ou des valeurs ? Celine Boisserie-Lacroix : XI. Internalisme et externalisme : le problème de la motivation morale Christine Tappolet : XII. Métaéthique des vertus Comité scientifique : Stéphane Lemaire, Isabelle Pariente-Butterlin, Christine Tappolet, Patrick Turmel Filippo Magni, Université de Pavie Title. Relativity and Moral Errors. Some reflections from Mackie Abstract. This presentation deals with the contribution of Mackie’s Error Theory to a correct understanding of the notion of moral relativism. Mackie’ distinction between first order and second order moral errors opens up different ways of characterizing the relativity of morals and different forms of second order moral relativism. This allows for different interpretations of the relativity-argument against the objectivity of ethics. Simon-Pierre Chevarie Cossette, St John’s College Oxford, King’s College London Titre. Théorie de l’erreur : quelle erreur ? Résumé. Les théoriciens de l’erreur morale affirment que la plupart des gens (naturellement réalistes) commettent une erreur chaque fois qu’ils avancent des énoncés moraux, ces énoncés étant tous faux. D’ordinaire, ils avancent également que nous avons des raisons épistémiques de souscrire à la théorie de l’erreur. Appelés à justifier l’existence de ces raisons épistémiques (tout en maintenant l’inexistence des raisons morales), les théoriciens de l’erreur soulignent que les raisons épistémiques ne sont pas normatives, qu’elles sont comme des erreurs dans un jeu. Mais cela est aussi vrai de la moralité, si la théorie de l’erreur est vraie. Nos erreurs dans le « jeu de la moralité » et nos erreurs dans le « jeu de la vérité » font partie d’un même plan, celui de la satisfaction de nos désirs. La conséquence curieuse de ceci est qu’il est possible de les comparer. Il est alors attrayant de préférer le jeu de la moralité à celui de la vérité. Cela signifie que l’erreur de la théorie de l’erreur morale n’a pas l’importance qu’on lui prête. Elle n’a peut-être même aucune importance. Stéphane Lemaire, Université de Rennes Titre. Théorie de l’erreur, révision conceptuelle et propriétés normatives Résumé. On admet en général que l’argument le plus fort conduisant à la théorie de l’erreur concerne la normativité des raisons. Peut-on vraiment croire qu’il existe dans le monde des raisons catégoriques qui requièrent de nous que nous agissions de telle ou telle manière? Supposons qu’on accepte cet argument, quelles conclusions faut-il en tirer? On suggère souvent qu’il y a seulement trois options possibles: abolitionnisme, fictionnalisme et conservatisme. On néglige toutefois la possibilité d’une révision conceptuelle. C’est une telle option que je voudrais proposer. Plus précisément, je voudrais suggérer une révision du concept de raison de telle sorte qu’il n’implique pas l’idée de normativité? Les coûts de cette position déflationniste sont-ils trop importants? Pour le mesurer, je m’intéresserai à ses conséquences pratiques mais aussi à la relation entre raisons et valeurs qui peut en résulter. Car après tout même dans un monde dépourvu de raisons catégoriques, un naturaliste peut soutenir qu’il existe des choses meilleures que d’autres. N’est-ce pas ce ce que montrait déjà l’argument des biens solitaires contre les analyses des valeurs en termes de raisons. Stéphane Chauvier, Sorbonne Université Titre. Asymétrie morale et asymétrie épistémique : pourquoi se trompe-t-on plus aisément dans le bien que l’on peut faire que dans le mal que l’on doit éviter ? Résumé. Il peut arriver qu’on ne voie pas le mal qu’il y a à Fiser (à arriver en retard à un rdv, à prendre sa voiture, etc.). Mais il arrive plus fréquemment que le bien que l’on croit faire s’avère moins bénéfique qu’escompté, voire franchement maléfique. Pourquoi se trompe-t-on plus aisément dans le bien que l’on peut faire que dans le mal que l’on doit éviter ? Pour répondre à cette question, nous circonscrirons d’abord le site cognitif de l’erreur morale en réactivant et actualisant la vieille distinction médiévale de la syndérèse et de la conscience (Thomas d’Aquin, De Veritate, qu. 16 & 17). Nous montrerons ensuite que l’erreur morale est possible aussi bien dans le mal à éviter que dans le bien à faire. Nous chercherons alors à comprendre pourquoi l’erreur morale est cependant plus commune ou plus fréquente dans le bien à faire que dans le mal à éviter. Pierre Livet, Université d’Aix-Marseille Titre. L’erreur morale, et l’éthique comme interrogations Résumé. Les arguments à l’appui de la thèse de l’erreur morale présupposent que les propositions morales devraient tenir leur vérité de faits moraux supposés indépendants. Mais si l’on étudie les processus de discussion et de décisions éthiques, on s’aperçoit qu’il est préférable de penser les énoncés éthiques comme des interrogations concernant quelle priorité donner à quels engagements. Il est alors possible de relier la notion d’interrogation à celle d’hypothèse, et de traiter le problème de la vérité morale en parallèle avec celui de la vérité scientifique, comme indissociable d’un processus inlassable de formulation d’hypothèses concernant des relations et de comparaison des conséquences de ces hypothèses pour corriger des erreurs, et pour assigner une priorité à telle ou telle hypothèse, ce qui est très différent du décalque d’un « fait »; la réalité étant alors ce qui met à l’épreuve les hypothèses. L’éthique elle aussi consiste en des mises à l’épreuves d’hypothèses portant sur quels engagements sont prioritaires. La correction d’erreurs ne garantit pas la vérité, puisqu’on peut avoir à corriger une correction. C’est le cas aussi en éthique. Par référence aux travaux d’Isabelle Pariente-Butterlin, on esquissera comment peut avancer ce processus à propos du mensonge et de cas de Mme de Staël, une interrogation en corrigeant une autre. On pourrait imaginer un équivalent de l’erreur morale dans cette approche, si on pouvait montrer une sorte de cercle entre une première contre-épreuve d’une hypothèse de priorité et une seconde qui ramène à la première, et réciproquement. On retrouverait des conditions qui présentent des analogies avec une démonstration d’indécidabilité. Mais cette indécidabilité ne serait pas une erreur, ce serait alors une vérité. Vincent Boyer, Sorbonne Université Titre. Théorie de l’erreur morale et fictionnalisme humien Résumé. On s’accorde à dire aujourd’hui que si David Hume défend une théorie de l’erreur morale, ce n’est pas exactement celle de John Leslie Mackie. En effet, Hume, contrairement à Mackie, n’est pas un anti-réaliste concernant l’existence de propriétés morales, ni un sceptique au sujet de la possibilité d’une connaissance morale. La théorie de l’erreur morale contemporaine ne peut donc pas trouver chez Hume un ascendant strict, et donc un allié, lorsqu’elle soutient sa double position sémantique et ontologique. Cependant, la théorie de l’erreur morale contemporaine ne se limite pas à cette double thèse, et défend aussi la position, qui concerne la question de la motivation morale des agents, selon laquelle il n’existe pas de raisons d’agir catégoriques. Les agents humains se trompent ainsi systématiquement parce que leurs jugements moraux présupposent l’existence de telles raisons catégoriques qui, en réalité, n’existent pas, autrement dit sont des fictions. Le but de notre communication sera de nous demander si Hume, sur ce point, va dans le sens de la théorie de l’erreur morale contemporaine. Charles Côté-Bouchard, King’s College Titre. Théorie de l’erreur, auto-destruction et scepticismes Résumé. Selon certains philosophes, la théorie de l’erreur morale s’auto-détruit. Elle se réfute elle-même. Dans cette présentation, j’offre une réponse à cet argument. Je propose également une nouvelle objection à la thèse sur laquelle repose l’argument de l’auto-destruction, soit qu’il y ait une relation de parité entre les propriétés morales et épistémiques. Pour les théoriciens de l’erreur, toutes nos croyances morales sont systématiquement dans l’erreur, car elles portent nécessairement ou essentiellement sur quelque chose qui n’existe pas, c’est-à-dire des faits catégoriquement normatifs ou objectivement prescriptifs. De tels faits seraient indépendants de nos attitudes et institutions, mais exigeraient tout de mêmes certains comportements de notre part. Devrions-nous croire ou accepter la théorie de l’erreur? À tout le moins, il semble que les théoriciens de l’erreur devraient répondre par l’affirmative. Toutefois, selon certains, une telle réponse est inaccessible, et ce même aux théoriciens de l’erreur : si l’on suit la théorie de l’erreur, alors le jugement selon lequel nous devrions croire cette théorie est dans l’erreur au même titre que les jugements moraux. L’argument est le suivant. Juger qu’il faut accepter la théorie de l’erreur parce qu’elle est justifiée, c’est poser un jugement normatif épistémique. Or, bien qu’ils ne soient pas moraux, les jugements épistémiques sont également erronés selon la théorie de l’erreur. En effet, tout comme les faits moraux, les faits épistémiques sont catégoriquement normatifs ou objectivement prescriptifs. Donc, s’il n’y a pas de faits normatifs catégoriques, alors il n’y a pas de faits épistémiques non plus. Il y a, autrement dit, une relation de parité entre les propriétés morales et épistémiques. Par conséquent, le jugement épistémique selon lequel il faut accepter la théorie de l’erreur est erroné, selon la théorie de l’erreur. En réponse à cette objection, je soutiens que la théorie de l’erreur ne s’auto-détruit pas, car les faits épistémiques ne sont pas catégoriquement normatifs. Même si la théorie de l’erreur morale est vraie, le jugement épistémique selon lequel nous devrions accepter la théorie de l’erreur peut tout de même être vrai, car il ne requière pas de faits normatifs catégoriques pour être rendu vrai. La normativité épistémique n’a pas le caractère catégorique ou robuste de la normativité morale. En plus de clarifier et défendre cette stratégie, je propose un nouvel argument contre la supposée parité entre les propriétés épistémiques et morales. Supposons que, comme le soutiennent les tenants de l’argument de l’auto-destruction, les faits épistémiques vont de pair avec les faits moraux (puisqu’ils sont tous deux catégoriques). Dans ce cas, l’absence de faits catégoriquement normatifs signifierait non seulement qu’il n’est jamais vrai qu’une action compte comme bonne ou mauvaise, mais aussi qu’il n’est jamais vrai qu’une croyance compte comme une connaissance. La thèse de la parité morale-épistémique implique ce que j’appelle une thèse de parité de scepticismes, soit qu’il n’est pas possible d’être un sceptique moral sans être un sceptique épistémologique. Quiconque soutenant que rien n’est réellement bien ou mal soutient, par le fait même, que nous n’avons pas de connaissances. Or, la thèse de la parité de scepticismes est peu plausible. On peut tout à fait soutenir qu’aucune action n’est réellement bonne ou mauvaise sans nier la possibilité de la connaissance. Après tout, le scepticisme épistémologique est une thèse largement plus radicale, impopulaire et contre-intuitive que le scepticisme moral. Il y a donc forcément une disparité entre les propriétés morales et épistémiques. Laurent Jaffro, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, I.U.F. Titre. L’erreur morale invincible Résumé. Il se peut que la plupart des disputes des théologiens passent au-dessus de la tête des croyants, surtout quand elles ont un tour scolastique. Mais la question de la vérité ou de la fausseté de l’athéisme, qui concerne directement la théologie, est de la plus grande importance pour eux. Il en va de même pour la méta-éthique : les raffinements techniques qu’elle déploie à propos des présupposés psychologiques, épistémologiques et ontologiques de la moralité sont bien éloignés de nos préoccupations morales quotidiennes, mais l’éventualité que la théorie de l’erreur morale soit vraie ne saurait nous laisser indifférents. Le parallèle va-t-il plus loin ? Un athée cohérent quitte l’église, sauf s’il est contraint d’y rester ou si cela lui est très avantageux. Serait-il incohérent de ne pas quitter la morale une fois que l’on aurait reconnu la vérité de la théorie de l’erreur morale ? Mais peut-on « quitter la morale » comme on quitte une église ? Quoi qu’il en soit, savoir si la théorie de l’erreur morale est vraie ou fausse est une question qui compte. Ma communication porte sur l’importance normative de cette question. Envisageons d’abord le cas que la théorie de l’erreur morale – dans une de ses variantes qui prétendent toucher la vérité des jugements de valeur moraux et d’autres considérations normatives – soit vraie, mais aussi qu’elle soit radicalement ésotérique, c’est-à-dire qu’il soit impossible au commun des mortels de s’en convaincre. Notre situation correspond alors à ce que des théologiens et des juristes ont appelé l’ignorance ou l’erreur invincible, qui n’est pas coupable. Mais les partisans de la théorie de l’erreur morale, du moins ceux qui écrivent à ce sujet, ne soutiennent pas l’ésotérisme radical. Envisageons alors le cas que la théorie de l’erreur morale soit vraie et qu’il soit possible à vous et moi, sans grande difficulté, même si c’est au prix de quelques efforts, de nous en convaincre. Si nous ne le faisons pas, nous nous trouvons dans une situation d’ignorance ou d’erreur – à propos de la vérité de la théorie de l’erreur morale – qui n’a rien d’invincible et qui ainsi coupable si elle persiste. Supposons, en outre, que la théorie de l’erreur morale épargne certaines considérations normatives, notamment celles qui concernent les raisons épistémiques. Supposons enfin que la théorie de l’erreur morale soit vraie, qu’elle ne soit pas limitée aux jugements de valeur moraux, mais qu’elle s’étende à toutes les considérations normatives, y compris celles qui concernent les raisons épistémiques. Dans quelle situation nous trouvons-nous alors ? Sarah Stroud, Université de Caroline du Nord Titre. Torts relationnels Résumé. Selon une conception impartialiste de la moralité, nos devoirs moraux par rapport à un autre, B, ne varient pas selon la relation interpersonnelle qui pourrait exister entre nous et B. Pour l’impartialiste, la portée de nos obligations envers différents autres est modulée seulement par notre capacité de leur faire du bien ou du mal. Selon une conception plus partialiste, pourtant, appuyée notamment par W. D. Ross, les diverses relations interpersonnelles que nous entretenons peuvent différencier directement ce que nous devons à B et à C. Je tente dans cette conférence de soutenir la position partialiste en délinéant une catégorie de torts moraux qui sont par nature relationnels dans un double sens. Yann Schmitt, C.P.G.E., Académie de Créteil Titre. Il existe des vérités morales. Une relecture du cognitivisme antiréaliste de Parfit Résumé. L’argument central de la théorie métaéthique de l’erreur contre l’existence de vérités morales porte sur le présupposé d’une ontologie non naturaliste qui introduirait des propriétés bizarres « queer ». C’est supposer, d’une manière ou d’une autre, une théorie correspondantiste de la vérité, à savoir que des faits et des propriétés normatives rendent vraies les propositions normatives. En relisant des passages essentiels de On What Matters de Parfit, on montrera que l’existence de vérités normatives peut être admise sans supposer une ontologie bizarre. Pour cela, on reviendra sur la pluralité des sens de « existe », sur l’absence d’implication ontologique de certaines vérités et donc sur la théorie de la vérité nécessaire pour défendre une métaéthique cognitiviste. On se posera aussi la question du naturalisme ou du non-naturalisme d’une telle théorie des vérités normatives. Maxime Kristanek, Aix-Marseille Université Titre. L’argument de l’étrangeté présuppose-t-il le scientisme ontologique ? Résumé. La théorie de l’erreur morale est une thèse métaéthique de plus en plus populaire auprès des métaéthiciens. Le scientisme est une thèse qui a suscité des adhésions tant chez les scientifiques (Crick, 1966 ; Wilson, 1978 ; Hawking, 1988 ; Dawkins, 1989) que chez les philosophes (Russell, 1957 ; Ruse, 1986 ; Churchland, 1979 ; Dennett, 1991 ; Rosenberg, 2011). A première vue, il existe des liens étroits entre la théorie de l’erreur morale et le scientisme. D’après Rosenberg (2011), la théorie de l’erreur morale est une conséquence du scientisme. On ne peut néanmoins en conclure que la théorie de l’erreur morale, et les arguments en sa faveur, présupposent le scientisme. L’argument de l’étrangeté, d’abord élaboré par Mackie (1977), puis reformulé par Joyce (2001) et Olson (2014), est l’un des principaux soutiens de la théorie de l’erreur morale. Cet argument consiste à affirmer que les faits moraux auxquels font référence les jugements moraux sont étranges. On peut interpréter de plusieurs manière le caractère étrange des faits moraux. L’une des interprétations consiste à dire que les faits moraux sont inexplicables scientifiquement. La version épistémologique de la thèse scientiste stipule que les sciences constituent les seules sources possibles de connaissance. Ce que les sciences ne peuvent expliquer, nous ne pouvons le connaître. Selon la version ontologique du scientisme, les faits qu’on ne peut connaître scientifiquement doivent être évacués de notre ontologie. Pour comprendre les liens entre scientisme et théorie de l’erreur morale, il faut expliquer davantage le concept d’inexplicabilité scientifique. On peut déjà affirmer qu’il ne s’agit pas d’inexplicabilité dû à des facteurs empiriques. Les faits moraux seraient définitivement inexplicables, contrairement par exemple à la matière noire ou à certaines maladies que les scientifiques ne parviennent actuellement pas à expliquer, mais qui pourraient dans l’avenir être expliqués. Si les faits moraux sont définitivement inexplicables, on peut conclure avec Rosenberg que le scientisme ontologique a pour conséquence la théorie de l’erreur morale. On peut se demander dans un second temps ce qu’il advient de l’argument de l’étrangeté morale si on rejette le scientisme. Pour répondre à cette question, je présenterai d’abord les différentes définitions possibles du scientisme à partir de l’article de Stenmark (1997). Ensuite, je détaillerai les prémisses de l’argument de l’étrangeté, et montrerai les liens avec les différentes versions du scientisme. Je montrerai que le scientisme ontologique rend l’argument de l’étrangeté extrêmement convaincant, mais que ce dernier n’est pas dépendant du scientisme ontologique. La raison principale est que l’étrangeté des faits moraux réside non seulement dans leur inexplicabilité, mais aussi et surtout dans leur dimension normative autoritaire par rapport à nos désirs. Je m’efforcerai de montrer que cette normativité autoritaire par rapport à nos désirs est étrange même si le scientisme ontologique est faux. Ainsi, il n’est pas nécessaire d’être scientiste pour adopter la théorie de l’erreur morale et la réfutation du scientisme n’est pas suffisante pour rejeter l’argument de l’étrangeté. Cyrille Michon, Université de Nantes Titre. la doctrine du double effet, entre erreur et hypocrisie morales Résumé. La doctrine du double effet repose sur la distinction entre les conséquences prévues mais non recherchées d’une action (par exemple les dommages collatéraux civils d’une opération militaire) et celles qui sont recherchées à titre de moyens (comme la destruction d’une ville par un bombardement terroriste) pour atteindre une fin, supposée bonne. Elle trace une distinction morale entre les deux et dit que si la conséquence est un mal (les victimes civiles), il est plus difficile de la justifier quand elle est recherchée comme moyen que quand elle est seulement prévue, voire qu’il peut être interdit de la rechercher, mais permis de la causer sciemment. La doctrine est exposée à l’accusation de ne pas réussir à donner un critère de démarcation entre conséquences prévues et conséquences visées, notamment quand les premières sont très « proches » des secondes (problème de la proximité). Elle ouvrirait la porte à l’hypocrisie de la direction d’intention, qui consisterait à prétendre ne rechercher que l’effet positif de l’action entreprise, et de ne faire que prévoir ses effets négatifs. Je propose de contester cette double accusation.

La vérité : Platon et les sophistes, IIIe colloque international de la Section Méditerranéenne de l’International Plato Society

[Intervenants par ordre de prise de parole : Tomás CALVO (Université Complutense de Madrid), Aldo BRANCACCI (Université de Rome), Silvia GASTALDI (Université de Pavie), Piera DE PIANO (Université de Naples), Silvio MARINO (Université de Naples), Cristina ROSSITTO (Université de Padoue), Geneviève LACHANCE (Université libre de Bruxelles), Leo CATANA (Université de Copenhague), Karine TORDO-ROMBAUT (CPGE, Annecy), Maurizio MIGLIORI (Université de Macerata), Lidia PALUMBO (Université de Naples), Elsa GRASSO (Université de Nice Sophia- Antipolis), Francesca EUSTACCHI (Université de Macerata), Giovanni CASERTANO (Université de Naples), Elisabetta CATTANEI (Université de Cagliari), Francesca PENTASSUGLIO (Université de Rome), Livio ROSSETTI (Université de Pérouse), Alexis PINCHARD (CPGE, Lycée Militaire d’Aix en- Provence), Jean-Luc PERILLIE (Université de Montpellier), Mariella MENCHELLI (Université de Pise), Odile van der VAEREN (Université libre de Bruxelles), Jordi CASASAMPERA (Université de Barcelone), Refik GUREMEN (Université d’Istanbul), Juan de Dios BARES (Université de Valence), Paulo LIMA (Université de Coimbra), Mehdi BEN HADJ MABROUK (Université de Sfax), Luc BRISSON (C.N.R.S., Villejuif), Andrea CAPRA (Université de Milan), Mario REGALI (Université de Bari), Anna MOTTA (Université de Naples), Beatriz BOSSI (Université Complutense de Madrid), Mario VEGETTI (Université de Pavie)]
Nations représentées : Espagne, Italie, Belgique, Danemark, France, Portugal, Turquie, Tunisie Allemagne — Nombre de participants : 130
Langues : les langues de l’International Plato Society en usage dans le pourtour méditerranéen : français, espagnol, italien, anglais .
Le colloque organisé par « Institut d’histoire de la philosophie » comme activité de l’Unité de recherche, s’inscrivait dans la tradition des colloques de la Section méditerranéenne de l’International Plato Society ce qui explique que les intervenants provenaient exclusivement des pays de l’aire géographique méditerranéenne.
Le but du colloque international était de déterminer le rôle et le statut de la vérité dans la parole philosophique et son rapport à l’opinion, à travers l’étude des positions notamment de Platon et des sophistes, en appréhendant de manière transversale dans la philosophie pratique antique et moderne certaines dimensions qui relèvent de la production de discours qui se prétendent des discours de vérité alors même qu’elles reposent sur des procédures qui ne paraissent pas toujours relever de la recherche de la vérité.
Dans le monde contemporain, la question de la vérité et du mensonge a une place prépondérante dans tous les secteurs de la vie sociale, dans le domaine politique, dans le domaine médical, dans le domaine de la stratégie militaire, dans le domaine éducatif, dans le domaine juridique, dans le domaine commercial, mais tout aussi bien dans la vie quotidienne ou dans la vie qui est celle de la société civile.
Que peut apporter aux interrogations contemporaines sur la question de la vérité, l’approche de cette question par les philosophes de l’Antiquité dont c’était
l’interrogation première au moment même où se constituait la philosophie et ce qui allait devenir notre rationalité ? Tel était l’objet central de ce colloque international de philosophie ancienne.
Les chercheurs réunis à l’occasion de ce colloque travaillent pour grand nombre d’entre eux depuis longtemps sur le thème de la rationalité dans la pensée de Platon et plus particulièrement sur le thème de la mise en place et du développement de la notion de philosophie chez cet auteur, sur son statut et sa fonction, tant d’un point de vue théorétique que d’un point de vue pratique et politique. La notion de philosophie apparaît chez Platon à travers une approche de la question dialectique en concurrence avec d’autres modèles d’activité intellectuelle, avec d’autres approches de la vérité, comme celles de la médecine, de la poésie et, d’une façon générale, celles mises en place par les activités techniques. Mais la figure du philosophe se construit principalement chez Platon à travers une confrontation qui est aussi une rencontre avec la figure du sophiste.
Si, dans les dialogues de Platon, la présence d’une polémique très forte est évidente, et si c’est bien de cette confrontation et de cette rencontre qu’émerge la figure du philosophe telle que nous la connaissons, il était opportun de se demander ce que le vainqueur de cette joute (Platon) intègre de celui qu’il a défait (le sophiste), et quels aspects de la sophistique viennent alimenter le nouveau champ disciplinaire ouvert par Platon sous le nom de philosophie. Pour répondre à cette question l’étude de la notion de vérité a paru être l’un des champs les plus fertiles, tant cette notion est fondamentale pour la philosophie comme pour la sophistique, et c’est ce que le colloque a montré. Ce sont les limites épistémologiques mises en évidence par les sophistes quant à la possibilité pour l’homme d’atteindre une vérité stable qui contraignent Platon à chercher une vérité non pas à partir des choses, mais à travers des logoi, non pas dans le domaine du sensible mais dans le domaine intellectuel. Et c’est précisément l’importance du logos qui constitue le fonds commun de la vérité des sophistes et de celle de Platon, et qui permet d’intégrer la figure du sophiste dans celle du philosophe.
L’un des résultats les plus remarquables du colloque a été la prise en considération des effets que la sophistique a produits sur la pensée de Platon et continue, à travers lui, de produire sur la pensée philosophique et sur les conceptions du langage, de la politique et de la culture les plus contemporaines, effets encore sur l’élaboration théorique de doctrines centrées sur l’efficace et orientées par des procédures de langage relevant de la persuasion, effets, finalement, sur la réception même des œuvres, tant des sophistes que de Platon. Les Actes du colloque paraîtront aux éditions Vrin. Le contrat de publication est d’ores et déjà en cours de signature.

Fichte et le temps des images — Fichte und die Zeit der Bilder, IXe Congrès de la Société Internationale Johann Gottlieb Fichte

Le IXe Congrès de la Internationale J. G Fichte Gesellschaft, qui a eu lieu du 8 au 11 septembre 2015, avait pour thème « Fichte und die Zeit der Bilder ». Donc, « Fichte et le temps des images ». Il s’est tenu dans les locaux de l’UNED (Universidad Nacional de Educación a Distancia) et de la Complutense à Madrid.
Le colloque visait à réfléchir sur le concept d’image, en prenant acte de sa polysémie et de son importance de Platon à Heidegger et à Wittgenstein. Ce concept prenant en outre une place majeure dans la philosophie de la maturité de Fichte, fut posée la question du sens de ce concept chez lui, de sa fonction dans sa philosophie, ainsi que celle de la faculté qui lui correspond, l’imagination.
Les thèmes proposés furent :1. Bild, Bilden, Einbildungskraft (image, mettre en image/éduquer, imagination) ; 2. Bild und Realität (image et réalité) ; 3. Die Religion und der Begriff des Bildes (la religion et le concept de l’image) ; 4. Das Bild und die ethische Bestimmung des Menschen (l’image et la détermination éthique de l’homme) ; 5. Das Bild in der juristischen, politischen und historischen Lehre (l’image dans la doctrine juridique, politique et historique) ; 6. Das ästhetische Bild (l’image esthétique) ; 7. Die pädagogische Bildung (la mise en image/mise en forme pédagogique) ; 8. Unsere Zeit der Bilder (notre époque des images).
Il y a eu 104 interventions, réparties en 26 sessions parallèles.

Fichte et l’ontologie

[Intervenants: Marco Ivaldo,Ives Radrizzani,Mario Jorge de Carvalho,Jacinto Rivera de Rosales Chacon, J C Goddard, Ovidiu Stanciu, Thomas Rockmore, Emiliano Acosta, Cristiana Senigaglia, Laurent Guyot, Federico Ferraguto, Rodrigue Nzameyo, Alexander Schnell, Manuel Jimenez, Marco Rampazzo Bazzan, Alessandro Bertinetto, Jean-Christophe Lemaitre, Sylvie Robin, Max Marcuzzi]
Nations représentées : Italie, Suisse, Portugal, Espagne, France, Etats Unis, Cameroun, Belgique, Allemagne — Nombre de participants : 30
En approfondissant, en systématisant et en radicalisant la philosophie de Kant, notamment par la suppression de la référence à la chose en soi, cet être supposé exister en lui-même, indépendamment de toute référence à un sujet connaissant, Fichte a rassemblé les éléments qui permettent de relancer cette question dans sa forme moderne par excellence : celle de l’opposition de l’être au moi, en laquelle s’approfondit chez lui l’opposition kantienne de l’objectivité et de la subjectivité. Et, dans le cadre de la problématique ouverte par Heidegger d’une manière centrale et explicite : que veut dire « être » ?, la question fondamentale est alors de savoir si on peut penser l’être sans référence à un sujet constituant.
Le colloque « Fichte et l’ontologie », propose d’établir, dans une perspective critique, un bilan sur l’ontologie de Fichte, sur l’état des travaux concernant cette problématique dans le cadre de la philosophie transcendantale.

Symposium international « OBJET & PERSONNE : transhumanisme, animalisme, métaphysique de la personne et émergence de soi »

Coordonnateurs : Bruno Langlet, Nil Hours
Comité scientifique international : Anna-Lisa Coliva (Università di Modena), Alain de Libera (College de France), Fredéric Nef (EHESS, Institut Jean Nicod), Dean Zimmerman (Rutgers University, NB)
Si vous souhaitez assister au colloque, le paiement en ligne des frais d’inscription est disponible

Etudiant : http://dev-web.univ-amu.fr/~admdev-php/Colloques/?EntreeColloque=a6cfc1697af54ec090b3e86067b7f9f0
Stagiaire : http://dev-web.univ-amu.fr/~admdev-php/Colloques/?EntreeColloque=9a122f66b85579249bb4733fda54d15e

Symposium international « OBJET & PERSONNE : transhumanisme, animalisme, métaphysique de la personne et émergence de soi »

Coordonnateurs : Bruno Langlet, Nil Hours
Comité scientifique international : Anna-Lisa Coliva (Università di Modena), Alain de Libera (College de France), Fredéric Nef (EHESS, Institut Jean Nicod), Dean Zimmerman (Rutgers University, NB)
Si vous souhaitez assister au colloque, le paiement en ligne des frais d’inscription est disponible

Etudiant : http://dev-web.univ-amu.fr/~admdev-php/Colloques/?EntreeColloque=a6cfc1697af54ec090b3e86067b7f9f0
Stagiaire : http://dev-web.univ-amu.fr/~admdev-php/Colloques/?EntreeColloque=9a122f66b85579249bb4733fda54d15e

Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, colloque international de philosophie pratique

Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, colloque international de philosophie pratique organisé par Mieke de Moor (AMU, IHP-EA3 3276). Institutions organisatrices : Institut d’histoire de la philosophie (E.A.3276) de l’Université d’Aix- Marseille, en collaboration avec le Centre d’études sur la pensée antique « kairos kai logos » — Partenariats : Agnès B, Eidoskoop, Spega Int. Selectedview, Mitts, gaastra attorneys], Aix-en-Provence, 7-8 décembre 2013.
[Intervenants : Livio Rossetti (Pérouse), Kristof van Rossem (Louvain), Dries Boele (Amsterdam), Gaëlle Jeanmart & Anne Herla (Liège), Lou Marinoff (New-York), Valéry Laurand (Bordeaux), Thomas Polednitschek (Münster), Leon de Haas (Roermond), Bas van Stokkom (Nijmegen), Olav Eikeland (Oslo), Isabelle Butterlin (Aix-Marseille), Laura Candiotto (Venise)]
Nations représentées : Italie, Beligique, Pays Bas, France, Etats-Unis, Allemagne, Norvège. de participants : 60
Le but de ce colloque international est de déterminer le rôle et le statut de la parole philosophique dans la philosophie pratique antique et moderne en appréhendant de manière transversale certaines dimensions qui relèvent de la parole philosophique telle qu’elle prend forme dans certaines pratiques modernes qui se réclament d’elle. Le regain d’intérêt contemporain pour la philosophie pratique permet de considérer que le temps est venu de tenter de tirer au clair comment les philosophes et les professionnels modernes ont retrouvé le chemin de l’agora et d’entamer une réflexion sur les enjeux philosophiques, éthiques et politiques de la parole philosophique et des pratiques dans lesquelles cette parole prend forme et s’exerce.
Depuis les années 80 ont émergé, notamment dans les pays de l’Europe du nord, des pratiques philosophiques diverses. Celles-ci visent explicitement le domaine du conseil et de la délibération, aussi bien dans la vie quotidienne, que ce soit au sein de relations entre individus et groupes, ou au sein des organisations tant publiques que privées, ainsi des associations, des collectivités territoriales, des institutions, des entreprises, ou de toute autre forme d’organisation sociale. Ces différentes pratiques ont trouvé dans un certain nombre de pays une légitimité reconnue et le conseil philosophique se trouve impliqué dans les instances délibératives et les organes décisionnaires, le plus souvent sous la forme de « conversations socratiques ».
L’idée de s’approprier certains concepts philosophiques en les mettant en œuvre dans des pratiques spécifiques de la société civile comme des instances de gouvernance, et notamment la notion de la philosophie comme « art de vivre », et du conseil et de la délibération comme des modalités du dialegesthai socratique, ne manquent pas d’interroger la philosophie, tant sur le plan de l’histoire de la philosophie ancienne que sur le plan de la philosophique pratique moderne.
Le colloque « Socrate à l’agora. Que peut la parole philosophique ? » voudrait interroger le rôle et le statut du dialogue tel que le pratiquait Socrate au regard des pratiques contemporaines qui s’en réclament comme d’un idéal régulateur pour leurs activités présentées dans le cadre d’une parole philosophique publique. Il s’agira d’évaluer la manière dont ces « philosophes pratiquants » pratiquent ce qu’ils appellent leurs activités philosophiques et comment ils les pensent et il s’agira aussi d’examiner en quoi ces pratiques se distinguent du« genre » sur lequel elles prétendent se fonder.

La mimèsis dans l’Antiquité

[Intervenants : Catherine Collobert (Ottawa), Pierre Destrée (Louvain), Francisco Gonzalez (Ottawa), Elsa Grasso (Nice), Suzanne Stern-Gillet (Boston et Manchester), Franco Trabattoni (Milan), Mauro Tulli (Pise)]
Nations représentées : Canada, Belgique, France, Etats-Unis, Italie — Nombre de participants : 50
Etude de la notion de mimèsis dans l’antiquité grecque d’un pint de vue esthétique et philosophique, chez les poètes et chez les philsophes. Le colloque se proposait d’ouvrir une série de rencontres en vue de la rédaction dun ouvrage qui éanalyserait la notion de mimèsis d’Homère à Aristote.