Michèle ARNAUD – « Deipnon contre symposion, nourriture contre discours »

Abstract Michèle Arnaud (1)

Je vais vous présenter aujourd’hui une partie du travail de recherches que j’effectue pour la rédaction de ma thèse.

Le sujet que j’ai choisi s’intitule « La place de l’alimentation dans les doctrines philosophiques en Grèce antique », travail à partir du livre de Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes antiques. Ce que j’espère démontrer comportera plusieurs volets.

Je voudrais tout d’abord établir l’ancienneté de la préoccupation des hommes vis-à-vis de la nourriture. Puis, je montrerai ou du moins j’essaierai de montrer, que les hommes, privés de la commensalité dans laquelle ils vivaient avec les dieux, n’auront de cesse, désormais, que de leur offrir à chaque et à toutes les occasions de festoyer, des sacrifices, d’abord constitués de blé, de gâteaux, de fruits frais et secs puis, peu à peu, les sacrifices deviendront presqu’exclusivement sanglants.

Tous les philosophes ont peu ou prou abordé le sujet de la nourriture, que ce soit pour donner des règles strictes des produits à consommer, Pythagore et le végétarisme, ou pour s’interroger sur la consommation de viande, par exemple, Plutarque et son interrogation « Manger chair et en quantité est-il une obligation des hommes ».

Enfin, je terminerai en mettant en parallèle les banquets, des Sages, celui de Xénophon et celui de Platon. Nous verrons qu’il est dit dans le banquet des Sages par exemple, que la présence de belles et intelligentes personnes était à privilégier plutôt que l’excès de nourriture. Dans le banquet de Lucien ou rapporté par lui, les philosophes s’adonnent, devant les convives médusés, incrédules puis moqueurs, à des invectives et batailles à propos de la taille des morceaux qui leur sont attribués, donnant ainsi à réfléchir sur la définition de ce qu’est un vrai banquet avec de belles personnes…