Nadège EDWARDS

Séminaire des doctorans de l’IHP, 16/05/2018, Fatigue au travail et précarité : le poids de l’incertitude
La fatigue au travail est un objet qui se présente d’emblée comme plurifactoriel et comme cause de retentissements multiples pour l’acteur. Au cours de l’enquête de terrain, destinée à recueillir des connaissances issues de situations réelles, une des composantes s’est détachée : la précarité. En effet, la précarité s’est révélée être un facteur engendrant et accentuant d’autres facteurs de fatigue au travail.
Cette précarité évoquée accompagne de façon spécifique, le milieu professionnel où se déroule le travail de terrain de la thèse en cours, celui des techniciens du spectacle. Ainsi, la succession permanente entre emplois de courte durée et périodes d’inactivité, situation de la plupart de ces salariés, notamment de ceux rencontrés au cours de l’étude, agit particulièrement sur leur état de fatigue. Son influence sur la fatigue au travail, a bien sûr lieu de façon assez directe sur la fatigue psychique, l’insécurité de l’emploi faisant partie des facteurs reconnus de risques psycho-sociaux, mais elle augmente aussi la charge mentale en imposant la mise en place de stratégies parfois coûteuses pour assurer la continuité du revenu. En termes de conséquences au niveau physique, la situation de précarité réduit les marges de manœuvre que le salarié pourrait utiliser pour s’économiser et préserver sa santé, tout particulièrement le respect d’un temps de récupération physique et psychique suffisant.
La précarité, réelle ou ressentie, est toutefois loin de concerner exclusivement les techniciens du spectacle, car elle touche un nombre grandissant de salariés. Ses implications, tant sur les modalités d’accès à l’emploi que sur les répercutions sur la fatigue au travail, se retrouvent dans différents secteurs d’activité. Ceci autorise donc à examiner son impact, et celui de ses conséquences principales, l’incertitude quant aux revenus et l’irrégularité des temps de travail, d’une façon globale en tant que facteurs de la fatigue au travail relativement généralisables, tout en l’illustrant plus particulièrement à l’aide des observations de terrain rencontrées.

ANNÉE DE PREMIÈRE INSCRIPTION : 2016

Michele CORRADI

Formé en philologie classique aux universités de Pise et de Florence, Michele Corradi est, depuis 2014, maître de conférences en philosophie ancienne à l’université d’Aix-Marseille. Il s’occupe principalement de l’ancienne sophistique, de Platon, d’Aristote, d’Epicure et de l’histoire de la critique littéraire ancienne. Il a publié de nombreuses contributions dans des revues scientifiques et des actes de colloque. En 2012, sa monographie Protagora tra filologia e filosofia. Le testimonianze di Aristotele a paru dans la série Biblioteca di Studi Antichi.