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7èmes Journées de métaéthique

Proposition d'un sous titre (masqué en responsive) :

Organisation d'un colloque 

par Isabelle PARIENTE BUTTERLIN

Metaethique-IHP_0

Date(s) :

31 mars 2020
- 1 avril 2020

Contact :

isabelle.butterlin@univ-amu.fr

Adresse :

Bâtiment Multimédia et Le Cube
29, avenue Robert Schuman
13100
  Aix-en-Provence

Type de production :

Lien :

Lien

Type de séminaire :

Type de séminaire

Auteur(s) / Organisateur(s) :

Codification AERES :

ACTI

Auteur(s) / Organisateur(s) :
(hors IHP) 

Benoit Gaultier

Unités de recherche :

Institution :

(A.M.U., G.R.E., Collège de France)

Année :

2020

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Mots clefs :

Résumé ou Présentation

7èmes JOURNÉES DE MÉTAÉTHIQUE « L’erreur morale » Aix-Marseille Université, 31mars-1er avril 2020 L’Institut d’Histoire de la Philosophie et le Département de philosophie de l’Université d’Aix-Marseille accueillent les 7èmes Journées de métaéthique, qui se tiendront à Aix-en-Provence les 31 mars, 1er avril 2020. Le thème central des 7èmes Journées de métaéthique sera « L’erreur morale ». La métaéthique a modifié notre interrogation sur l’éthique : elle a fait en sorte que le travail du philosophe éthicien ne consiste plus seulement à édicter des normes et des valeurs, ce qui le mettait dans une situation étrange à l’intérieur du champ philosophique puisque, seul, il constituait l’objet de sa réflexion alors que l’épistémologue ou l’esthéticien interrogent des objets constitués en dehors de son activité. Elle a permis de réintégrer l’éthique dans le champ de la philosophie analytique qui avait commencé par l’exclure au motif que les énoncés éthique ne sont ni vrais ni faux. Dans ce cadre, la théorie de l’erreur morale développée par John Mackie (1977) vient semer le doute et un soupçon d’irrationalité sur nos croyances éthiques, et sur les normes et les valeurs qu’elles nous conduisent à affirmer. Tout cela ne serait-il pas, au fond, bien étrange et bien fragile… ? C’est à interroger la rationalité (ou l’étrangeté) de nos positions éthiques que ces journées se consacreront. Pouvons-nous être sûrs, en pratique, de ne pas nous tromper ? L’éthique existe-t-elle comme discours rationnel ? Avec le soutient de l’Institut d’Histoire de la Philosophie, du Département de Philosophie , de l’U.F.R. A.L.L.S.H., Aix-Marseille Université, et de l’I.U.F. 31 mars 2020 – Bâtiment multimédia – salle colloque 2 8h30 Accueil des participants 9h : Ouverture des travaux 9h15-10h15 Filippo Magni, Université de Pavie Relativity and Moral Errors. Some reflections from Mackie 10h15-11h Simon-Pierre Chevarie Cossette, St John’s College Oxford, King’s College London Théorie de l’erreur : quelle erreur ? (Pause) 11h15-12h Stéphane Lemaire, Université de Rennes Théorie de l’erreur, révision conceptuelle et propriétés normatives 12h-12h45 Stéphane Chauvier, Sorbonne Université Asymétrie morale et asymétrie épistémique : pourquoi se trompe-t-on plus aisément dans le bien que l’on peut faire que dans le mal que l’on doit éviter ? Pause déjeuner 14h15-15h Pierre Livet, Aix-Marseille Université L’erreur morale, et l’éthique comme interrogations 15h-15h45 Vincent Boyer, Sorbonne Université Théorie de l’erreur morale et fictionnalisme humien (Pause) 16h-16h45 Charles Côté-Bouchard, King’s College Théorie de l’erreur, auto-destruction et scepticismes 16h45-17h30 Laurent Jaffro, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, I.U.F. Titre. L’erreur morale invincible 01 avril 2020 – Le Cube, salle 201 9h15-10h15 Sarah Stroud, Université de Caroline du Nord Titre. Torts relationnels 10h15-11h Yann Schmitt, Académie de Créteil Titre. Il existe des vérités morales. Une relecture du cognitivisme antiréaliste de Parfit (Pause) 11h15-12h Maxime Kristanek, Aix-Marseille Université Titre. L’argument de l’étrangeté présuppose-t-il le scientisme ontologique ? 12h-12h45 Cyrille Michon, Université de Nantes Titre. la doctrine du double effet, entre erreur et hypocrisie morales 14h30 – 17h Table-ronde autour du Manuel de métaéthique, dirigé par Ophélie Desmons, Stéphane Lemaire et Patrick Turmel, en présence d’Ophélie Desmons et Stéphane Lemaire Vincent Boyer : II. Les jugements moraux sont-ils descriptifs ? Charles Côté-Bouchard : III. Les jugements moraux sont-ils relatifs ? Maxime Kristanek : IV. Les jugements moraux sont-ils faux ? Yann Schmitt : V. Le rationalisme moral Samuel Lépine : VI. Les sentimentalismes moraux Sarah Stroud : VII. Le constructivisme moral Jaques-Henri Vollet : X. Primauté des raisons ou des valeurs ? Celine Boisserie-Lacroix : XI. Internalisme et externalisme : le problème de la motivation morale Christine Tappolet : XII. Métaéthique des vertus Comité scientifique : Stéphane Lemaire, Isabelle Pariente-Butterlin, Christine Tappolet, Patrick Turmel Filippo Magni, Université de Pavie Title. Relativity and Moral Errors. Some reflections from Mackie Abstract. This presentation deals with the contribution of Mackie’s Error Theory to a correct understanding of the notion of moral relativism. Mackie’ distinction between first order and second order moral errors opens up different ways of characterizing the relativity of morals and different forms of second order moral relativism. This allows for different interpretations of the relativity-argument against the objectivity of ethics. Simon-Pierre Chevarie Cossette, St John’s College Oxford, King’s College London Titre. Théorie de l’erreur : quelle erreur ? Résumé. Les théoriciens de l’erreur morale affirment que la plupart des gens (naturellement réalistes) commettent une erreur chaque fois qu’ils avancent des énoncés moraux, ces énoncés étant tous faux. D’ordinaire, ils avancent également que nous avons des raisons épistémiques de souscrire à la théorie de l’erreur. Appelés à justifier l’existence de ces raisons épistémiques (tout en maintenant l’inexistence des raisons morales), les théoriciens de l’erreur soulignent que les raisons épistémiques ne sont pas normatives, qu’elles sont comme des erreurs dans un jeu. Mais cela est aussi vrai de la moralité, si la théorie de l’erreur est vraie. Nos erreurs dans le « jeu de la moralité » et nos erreurs dans le « jeu de la vérité » font partie d’un même plan, celui de la satisfaction de nos désirs. La conséquence curieuse de ceci est qu’il est possible de les comparer. Il est alors attrayant de préférer le jeu de la moralité à celui de la vérité. Cela signifie que l’erreur de la théorie de l’erreur morale n’a pas l’importance qu’on lui prête. Elle n’a peut-être même aucune importance. Stéphane Lemaire, Université de Rennes Titre. Théorie de l’erreur, révision conceptuelle et propriétés normatives Résumé. On admet en général que l’argument le plus fort conduisant à la théorie de l’erreur concerne la normativité des raisons. Peut-on vraiment croire qu’il existe dans le monde des raisons catégoriques qui requièrent de nous que nous agissions de telle ou telle manière? Supposons qu’on accepte cet argument, quelles conclusions faut-il en tirer? On suggère souvent qu’il y a seulement trois options possibles: abolitionnisme, fictionnalisme et conservatisme. On néglige toutefois la possibilité d’une révision conceptuelle. C’est une telle option que je voudrais proposer. Plus précisément, je voudrais suggérer une révision du concept de raison de telle sorte qu’il n’implique pas l’idée de normativité? Les coûts de cette position déflationniste sont-ils trop importants? Pour le mesurer, je m’intéresserai à ses conséquences pratiques mais aussi à la relation entre raisons et valeurs qui peut en résulter. Car après tout même dans un monde dépourvu de raisons catégoriques, un naturaliste peut soutenir qu’il existe des choses meilleures que d’autres. N’est-ce pas ce ce que montrait déjà l’argument des biens solitaires contre les analyses des valeurs en termes de raisons. Stéphane Chauvier, Sorbonne Université Titre. Asymétrie morale et asymétrie épistémique : pourquoi se trompe-t-on plus aisément dans le bien que l’on peut faire que dans le mal que l’on doit éviter ? Résumé. Il peut arriver qu’on ne voie pas le mal qu’il y a à Fiser (à arriver en retard à un rdv, à prendre sa voiture, etc.). Mais il arrive plus fréquemment que le bien que l’on croit faire s’avère moins bénéfique qu’escompté, voire franchement maléfique. Pourquoi se trompe-t-on plus aisément dans le bien que l’on peut faire que dans le mal que l’on doit éviter ? Pour répondre à cette question, nous circonscrirons d’abord le site cognitif de l’erreur morale en réactivant et actualisant la vieille distinction médiévale de la syndérèse et de la conscience (Thomas d’Aquin, De Veritate, qu. 16 & 17). Nous montrerons ensuite que l’erreur morale est possible aussi bien dans le mal à éviter que dans le bien à faire. Nous chercherons alors à comprendre pourquoi l’erreur morale est cependant plus commune ou plus fréquente dans le bien à faire que dans le mal à éviter. Pierre Livet, Université d’Aix-Marseille Titre. L’erreur morale, et l’éthique comme interrogations Résumé. Les arguments à l’appui de la thèse de l’erreur morale présupposent que les propositions morales devraient tenir leur vérité de faits moraux supposés indépendants. Mais si l’on étudie les processus de discussion et de décisions éthiques, on s’aperçoit qu’il est préférable de penser les énoncés éthiques comme des interrogations concernant quelle priorité donner à quels engagements. Il est alors possible de relier la notion d’interrogation à celle d’hypothèse, et de traiter le problème de la vérité morale en parallèle avec celui de la vérité scientifique, comme indissociable d’un processus inlassable de formulation d’hypothèses concernant des relations et de comparaison des conséquences de ces hypothèses pour corriger des erreurs, et pour assigner une priorité à telle ou telle hypothèse, ce qui est très différent du décalque d’un « fait »; la réalité étant alors ce qui met à l’épreuve les hypothèses. L’éthique elle aussi consiste en des mises à l’épreuves d’hypothèses portant sur quels engagements sont prioritaires. La correction d’erreurs ne garantit pas la vérité, puisqu’on peut avoir à corriger une correction. C’est le cas aussi en éthique. Par référence aux travaux d’Isabelle Pariente-Butterlin, on esquissera comment peut avancer ce processus à propos du mensonge et de cas de Mme de Staël, une interrogation en corrigeant une autre. On pourrait imaginer un équivalent de l’erreur morale dans cette approche, si on pouvait montrer une sorte de cercle entre une première contre-épreuve d’une hypothèse de priorité et une seconde qui ramène à la première, et réciproquement. On retrouverait des conditions qui présentent des analogies avec une démonstration d’indécidabilité. Mais cette indécidabilité ne serait pas une erreur, ce serait alors une vérité. Vincent Boyer, Sorbonne Université Titre. Théorie de l’erreur morale et fictionnalisme humien Résumé. On s’accorde à dire aujourd’hui que si David Hume défend une théorie de l’erreur morale, ce n’est pas exactement celle de John Leslie Mackie. En effet, Hume, contrairement à Mackie, n’est pas un anti-réaliste concernant l’existence de propriétés morales, ni un sceptique au sujet de la possibilité d’une connaissance morale. La théorie de l’erreur morale contemporaine ne peut donc pas trouver chez Hume un ascendant strict, et donc un allié, lorsqu’elle soutient sa double position sémantique et ontologique. Cependant, la théorie de l’erreur morale contemporaine ne se limite pas à cette double thèse, et défend aussi la position, qui concerne la question de la motivation morale des agents, selon laquelle il n’existe pas de raisons d’agir catégoriques. Les agents humains se trompent ainsi systématiquement parce que leurs jugements moraux présupposent l’existence de telles raisons catégoriques qui, en réalité, n’existent pas, autrement dit sont des fictions. Le but de notre communication sera de nous demander si Hume, sur ce point, va dans le sens de la théorie de l’erreur morale contemporaine. Charles Côté-Bouchard, King’s College Titre. Théorie de l’erreur, auto-destruction et scepticismes Résumé. Selon certains philosophes, la théorie de l’erreur morale s’auto-détruit. Elle se réfute elle-même. Dans cette présentation, j’offre une réponse à cet argument. Je propose également une nouvelle objection à la thèse sur laquelle repose l’argument de l’auto-destruction, soit qu’il y ait une relation de parité entre les propriétés morales et épistémiques. Pour les théoriciens de l’erreur, toutes nos croyances morales sont systématiquement dans l’erreur, car elles portent nécessairement ou essentiellement sur quelque chose qui n’existe pas, c’est-à-dire des faits catégoriquement normatifs ou objectivement prescriptifs. De tels faits seraient indépendants de nos attitudes et institutions, mais exigeraient tout de mêmes certains comportements de notre part. Devrions-nous croire ou accepter la théorie de l’erreur? À tout le moins, il semble que les théoriciens de l’erreur devraient répondre par l’affirmative. Toutefois, selon certains, une telle réponse est inaccessible, et ce même aux théoriciens de l’erreur : si l’on suit la théorie de l’erreur, alors le jugement selon lequel nous devrions croire cette théorie est dans l’erreur au même titre que les jugements moraux. L’argument est le suivant. Juger qu’il faut accepter la théorie de l’erreur parce qu’elle est justifiée, c’est poser un jugement normatif épistémique. Or, bien qu’ils ne soient pas moraux, les jugements épistémiques sont également erronés selon la théorie de l’erreur. En effet, tout comme les faits moraux, les faits épistémiques sont catégoriquement normatifs ou objectivement prescriptifs. Donc, s’il n’y a pas de faits normatifs catégoriques, alors il n’y a pas de faits épistémiques non plus. Il y a, autrement dit, une relation de parité entre les propriétés morales et épistémiques. Par conséquent, le jugement épistémique selon lequel il faut accepter la théorie de l’erreur est erroné, selon la théorie de l’erreur. En réponse à cette objection, je soutiens que la théorie de l’erreur ne s’auto-détruit pas, car les faits épistémiques ne sont pas catégoriquement normatifs. Même si la théorie de l’erreur morale est vraie, le jugement épistémique selon lequel nous devrions accepter la théorie de l’erreur peut tout de même être vrai, car il ne requière pas de faits normatifs catégoriques pour être rendu vrai. La normativité épistémique n’a pas le caractère catégorique ou robuste de la normativité morale. En plus de clarifier et défendre cette stratégie, je propose un nouvel argument contre la supposée parité entre les propriétés épistémiques et morales. Supposons que, comme le soutiennent les tenants de l’argument de l’auto-destruction, les faits épistémiques vont de pair avec les faits moraux (puisqu’ils sont tous deux catégoriques). Dans ce cas, l’absence de faits catégoriquement normatifs signifierait non seulement qu’il n’est jamais vrai qu’une action compte comme bonne ou mauvaise, mais aussi qu’il n’est jamais vrai qu’une croyance compte comme une connaissance. La thèse de la parité morale-épistémique implique ce que j’appelle une thèse de parité de scepticismes, soit qu’il n’est pas possible d’être un sceptique moral sans être un sceptique épistémologique. Quiconque soutenant que rien n’est réellement bien ou mal soutient, par le fait même, que nous n’avons pas de connaissances. Or, la thèse de la parité de scepticismes est peu plausible. On peut tout à fait soutenir qu’aucune action n’est réellement bonne ou mauvaise sans nier la possibilité de la connaissance. Après tout, le scepticisme épistémologique est une thèse largement plus radicale, impopulaire et contre-intuitive que le scepticisme moral. Il y a donc forcément une disparité entre les propriétés morales et épistémiques. Laurent Jaffro, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, I.U.F. Titre. L’erreur morale invincible Résumé. Il se peut que la plupart des disputes des théologiens passent au-dessus de la tête des croyants, surtout quand elles ont un tour scolastique. Mais la question de la vérité ou de la fausseté de l’athéisme, qui concerne directement la théologie, est de la plus grande importance pour eux. Il en va de même pour la méta-éthique : les raffinements techniques qu’elle déploie à propos des présupposés psychologiques, épistémologiques et ontologiques de la moralité sont bien éloignés de nos préoccupations morales quotidiennes, mais l’éventualité que la théorie de l’erreur morale soit vraie ne saurait nous laisser indifférents. Le parallèle va-t-il plus loin ? Un athée cohérent quitte l’église, sauf s’il est contraint d’y rester ou si cela lui est très avantageux. Serait-il incohérent de ne pas quitter la morale une fois que l’on aurait reconnu la vérité de la théorie de l’erreur morale ? Mais peut-on « quitter la morale » comme on quitte une église ? Quoi qu’il en soit, savoir si la théorie de l’erreur morale est vraie ou fausse est une question qui compte. Ma communication porte sur l’importance normative de cette question. Envisageons d’abord le cas que la théorie de l’erreur morale – dans une de ses variantes qui prétendent toucher la vérité des jugements de valeur moraux et d’autres considérations normatives – soit vraie, mais aussi qu’elle soit radicalement ésotérique, c’est-à-dire qu’il soit impossible au commun des mortels de s’en convaincre. Notre situation correspond alors à ce que des théologiens et des juristes ont appelé l’ignorance ou l’erreur invincible, qui n’est pas coupable. Mais les partisans de la théorie de l’erreur morale, du moins ceux qui écrivent à ce sujet, ne soutiennent pas l’ésotérisme radical. Envisageons alors le cas que la théorie de l’erreur morale soit vraie et qu’il soit possible à vous et moi, sans grande difficulté, même si c’est au prix de quelques efforts, de nous en convaincre. Si nous ne le faisons pas, nous nous trouvons dans une situation d’ignorance ou d’erreur – à propos de la vérité de la théorie de l’erreur morale – qui n’a rien d’invincible et qui ainsi coupable si elle persiste. Supposons, en outre, que la théorie de l’erreur morale épargne certaines considérations normatives, notamment celles qui concernent les raisons épistémiques. Supposons enfin que la théorie de l’erreur morale soit vraie, qu’elle ne soit pas limitée aux jugements de valeur moraux, mais qu’elle s’étende à toutes les considérations normatives, y compris celles qui concernent les raisons épistémiques. Dans quelle situation nous trouvons-nous alors ? Sarah Stroud, Université de Caroline du Nord Titre. Torts relationnels Résumé. Selon une conception impartialiste de la moralité, nos devoirs moraux par rapport à un autre, B, ne varient pas selon la relation interpersonnelle qui pourrait exister entre nous et B. Pour l’impartialiste, la portée de nos obligations envers différents autres est modulée seulement par notre capacité de leur faire du bien ou du mal. Selon une conception plus partialiste, pourtant, appuyée notamment par W. D. Ross, les diverses relations interpersonnelles que nous entretenons peuvent différencier directement ce que nous devons à B et à C. Je tente dans cette conférence de soutenir la position partialiste en délinéant une catégorie de torts moraux qui sont par nature relationnels dans un double sens. Yann Schmitt, C.P.G.E., Académie de Créteil Titre. Il existe des vérités morales. Une relecture du cognitivisme antiréaliste de Parfit Résumé. L’argument central de la théorie métaéthique de l’erreur contre l’existence de vérités morales porte sur le présupposé d’une ontologie non naturaliste qui introduirait des propriétés bizarres « queer ». C’est supposer, d’une manière ou d’une autre, une théorie correspondantiste de la vérité, à savoir que des faits et des propriétés normatives rendent vraies les propositions normatives. En relisant des passages essentiels de On What Matters de Parfit, on montrera que l’existence de vérités normatives peut être admise sans supposer une ontologie bizarre. Pour cela, on reviendra sur la pluralité des sens de « existe », sur l’absence d’implication ontologique de certaines vérités et donc sur la théorie de la vérité nécessaire pour défendre une métaéthique cognitiviste. On se posera aussi la question du naturalisme ou du non-naturalisme d’une telle théorie des vérités normatives. Maxime Kristanek, Aix-Marseille Université Titre. L’argument de l’étrangeté présuppose-t-il le scientisme ontologique ? Résumé. La théorie de l’erreur morale est une thèse métaéthique de plus en plus populaire auprès des métaéthiciens. Le scientisme est une thèse qui a suscité des adhésions tant chez les scientifiques (Crick, 1966 ; Wilson, 1978 ; Hawking, 1988 ; Dawkins, 1989) que chez les philosophes (Russell, 1957 ; Ruse, 1986 ; Churchland, 1979 ; Dennett, 1991 ; Rosenberg, 2011). A première vue, il existe des liens étroits entre la théorie de l’erreur morale et le scientisme. D’après Rosenberg (2011), la théorie de l’erreur morale est une conséquence du scientisme. On ne peut néanmoins en conclure que la théorie de l’erreur morale, et les arguments en sa faveur, présupposent le scientisme. L’argument de l’étrangeté, d’abord élaboré par Mackie (1977), puis reformulé par Joyce (2001) et Olson (2014), est l’un des principaux soutiens de la théorie de l’erreur morale. Cet argument consiste à affirmer que les faits moraux auxquels font référence les jugements moraux sont étranges. On peut interpréter de plusieurs manière le caractère étrange des faits moraux. L’une des interprétations consiste à dire que les faits moraux sont inexplicables scientifiquement. La version épistémologique de la thèse scientiste stipule que les sciences constituent les seules sources possibles de connaissance. Ce que les sciences ne peuvent expliquer, nous ne pouvons le connaître. Selon la version ontologique du scientisme, les faits qu’on ne peut connaître scientifiquement doivent être évacués de notre ontologie. Pour comprendre les liens entre scientisme et théorie de l’erreur morale, il faut expliquer davantage le concept d’inexplicabilité scientifique. On peut déjà affirmer qu’il ne s’agit pas d’inexplicabilité dû à des facteurs empiriques. Les faits moraux seraient définitivement inexplicables, contrairement par exemple à la matière noire ou à certaines maladies que les scientifiques ne parviennent actuellement pas à expliquer, mais qui pourraient dans l’avenir être expliqués. Si les faits moraux sont définitivement inexplicables, on peut conclure avec Rosenberg que le scientisme ontologique a pour conséquence la théorie de l’erreur morale. On peut se demander dans un second temps ce qu’il advient de l’argument de l’étrangeté morale si on rejette le scientisme. Pour répondre à cette question, je présenterai d’abord les différentes définitions possibles du scientisme à partir de l’article de Stenmark (1997). Ensuite, je détaillerai les prémisses de l’argument de l’étrangeté, et montrerai les liens avec les différentes versions du scientisme. Je montrerai que le scientisme ontologique rend l’argument de l’étrangeté extrêmement convaincant, mais que ce dernier n’est pas dépendant du scientisme ontologique. La raison principale est que l’étrangeté des faits moraux réside non seulement dans leur inexplicabilité, mais aussi et surtout dans leur dimension normative autoritaire par rapport à nos désirs. Je m’efforcerai de montrer que cette normativité autoritaire par rapport à nos désirs est étrange même si le scientisme ontologique est faux. Ainsi, il n’est pas nécessaire d’être scientiste pour adopter la théorie de l’erreur morale et la réfutation du scientisme n’est pas suffisante pour rejeter l’argument de l’étrangeté. Cyrille Michon, Université de Nantes Titre. la doctrine du double effet, entre erreur et hypocrisie morales Résumé. La doctrine du double effet repose sur la distinction entre les conséquences prévues mais non recherchées d’une action (par exemple les dommages collatéraux civils d’une opération militaire) et celles qui sont recherchées à titre de moyens (comme la destruction d’une ville par un bombardement terroriste) pour atteindre une fin, supposée bonne. Elle trace une distinction morale entre les deux et dit que si la conséquence est un mal (les victimes civiles), il est plus difficile de la justifier quand elle est recherchée comme moyen que quand elle est seulement prévue, voire qu’il peut être interdit de la rechercher, mais permis de la causer sciemment. La doctrine est exposée à l’accusation de ne pas réussir à donner un critère de démarcation entre conséquences prévues et conséquences visées, notamment quand les premières sont très « proches » des secondes (problème de la proximité). Elle ouvrirait la porte à l’hypocrisie de la direction d’intention, qui consisterait à prétendre ne rechercher que l’effet positif de l’action entreprise, et de ne faire que prévoir ses effets négatifs. Je propose de contester cette double accusation.
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19 avril 2021
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26 septembre 2017
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