Michèle ARNAUD – « Deipnon contre symposion, nourriture contre discours »

Abstract Michèle Arnaud (1)

Je vais vous présenter aujourd’hui une partie du travail de recherches que j’effectue pour la rédaction de ma thèse.

Le sujet que j’ai choisi s’intitule « La place de l’alimentation dans les doctrines philosophiques en Grèce antique », travail à partir du livre de Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes antiques. Ce que j’espère démontrer comportera plusieurs volets.

Je voudrais tout d’abord établir l’ancienneté de la préoccupation des hommes vis-à-vis de la nourriture. Puis, je montrerai ou du moins j’essaierai de montrer, que les hommes, privés de la commensalité dans laquelle ils vivaient avec les dieux, n’auront de cesse, désormais, que de leur offrir à chaque et à toutes les occasions de festoyer, des sacrifices, d’abord constitués de blé, de gâteaux, de fruits frais et secs puis, peu à peu, les sacrifices deviendront presqu’exclusivement sanglants.

Tous les philosophes ont peu ou prou abordé le sujet de la nourriture, que ce soit pour donner des règles strictes des produits à consommer, Pythagore et le végétarisme, ou pour s’interroger sur la consommation de viande, par exemple, Plutarque et son interrogation « Manger chair et en quantité est-il une obligation des hommes ».

Enfin, je terminerai en mettant en parallèle les banquets, des Sages, celui de Xénophon et celui de Platon. Nous verrons qu’il est dit dans le banquet des Sages par exemple, que la présence de belles et intelligentes personnes était à privilégier plutôt que l’excès de nourriture. Dans le banquet de Lucien ou rapporté par lui, les philosophes s’adonnent, devant les convives médusés, incrédules puis moqueurs, à des invectives et batailles à propos de la taille des morceaux qui leur sont attribués, donnant ainsi à réfléchir sur la définition de ce qu’est un vrai banquet avec de belles personnes…

Georgios ARABATZIS – Introduction à la philosophie byzantine

Introduction à la philosophie byzantine
On va entreprendre une esquisse de la nouvelle science de la philosophie byzantine. Cette histoire ne doit pas être étrangère à l’évolution de l’histoire moderne de la philosophie médiévale. On pourrait, ainsi, distinguer, d’abord, l’intérêt des catholiques allemands pour la philosophie médiévale dans la deuxième partie du XIXe siècle. En même temps, la bulle papale Aeterni Patris de 1878 posait la philosophie de Thomas d’Aquin comme fondement idéologique de la philosophie chrétienne (catholique). Ernest Renan voyait chez Averroès le passage à travers lequel se propagea l’influence de l’aristotélisme en Europe occidentale (ce qu’E. Said appellerait de l’« orientalisme »). Ce tournant va avec un intérêt pour la philosophie arabe ainsi que pour la philosophie juive. Ce n’est que plus tard que B. Tatakis (non pas avant 1949/1951), à l’instigation de l’historien de philosophie Émile Bréhier, publiera la première étude scientifique de la philosophie byzantine (publiée aux P.U.F.). Cette parution n’est pas indépendante de la discussion autour de la « philosophie chrétienne » qui séparait en France les historiens de la philosophie rationalistes des historiens catholiques, comme Étienne Gilson ; les premiers refusaient radicalement l’idée de la philosophie chrétienne tandis que l’œuvre de St. Augustin constituait l’objet de dispute entre les deux positions. Bréhier appartenait aux historiens de la philosophie rationalistes et le livre de Tatakis sur la philosophie byzantine également. Plus tard, Tatakis rejoindra le camp des philosophes chrétiens. Ainsi commence la phase scientifique de la recherche sur la philosophie byzantine .

Séminaire commun – Laura Moscarelli

Pourquoi ai-je écrit sur Antiphon d’Athènes ?

Réflexions philosophiques suite à la parution de mon livre 

Antiphon d’Athènes et l’antidogmatisme philosophique et juridique (L’Harmattan 2020).