Maxime Kristanek

Grade: 
Doctorant
Unités de recherche: 
Histoire de l'ontologie et métaphysique
Art et politique
Année de première inscription: 
2018.00
Statut du doctorant: 
Contrat doctoral
Nom de la thèse: 
Le problème des croyances morales. La théorie de l’erreur morale et ses implications motivationnelles.
Sujet de la thèse: 

Mon travail de recherche porte sur le problème, à la fois théorique et pratique, que pose la croyance concernant les obligations morales. 

Lorsque nous croyons avoir des obligations morales, nous utilisons des énoncés du type « je dois faire X ». Selon la terminologie de Kant, l’obligation morale est catégorique, c’est-à-dire irréductible à tout désir et à toute convention ; elle vaut inconditionnellement. Si nous ne nous y conformons pas, alors nous agissons mal, et nous pouvons être blâmés : « nous aurions dû faire autrement ». 

La croyance dans l’existence d’obligations morales fait depuis quelques années l’objet de critiques nouvelles et radicales, au travers de ce qu’on appelle la théorie de l’erreur morale. Selon les théoriciens de l’erreur, qu’on appelle également « nihilistes », nos croyances morales sont toutes fausses. Dans ce débat, un argument central, appelé argument de l’étrangeté, entend montrer que nous n’avons pas de bonnes raisons de croire que nous avons des obligations morales. Il consiste à affirmer que les obligations morales sont des entités métaphysiques aux propriétés tellement étranges que cela constitue une bonne raison de ne pas croire en leur existence. L’argument de l’étrangeté, notamment dans la version qu’en donne Olson (2014), est–il plausible ?  L’enjeu est de taille. Il y a des jugements moraux auxquels nous tenons fermement ; or, si la théorie de l’erreur morale est vraie, elle nous empêche même de porter une appréciation morale sur les pires crimes commis dans l’Histoire puisque nous avons besoin, pour les condamner, de nous appuyer sur des croyances morales. Comment dénoncer un massacre si nous n’avons plus de croyances morales ? Nous tenons à nos croyances morales, mais cet attachement affectif n’est pas suffisant pour les justifier. Ce n’est parce que nous tenons à une croyance que cela suffit à la rendre vraie, ni même à la justifier. 

Dans un second temps, si nous ne croyons plus en l’existence d’obligations morales, notre motivation morale reste-t-elle intacte ? En d’autres termes, un nihiliste possède-ils moins de raisons de se comporter moralement qu’un réaliste ? On répondra à cette question à travers l’étude du débat entre les positions qu’on désigne comme internalisme et externalisme motivationnel.

Sous la direction de (IHP): 
Isabelle Pariente Butterlin
Points forts relevant des missions autres que la recherche: 

Editeur-en-chef de l’Encyclopédie philosophique : encyclo-philo.fr

Maxime
Kristanek