Nadège Edwards

Pôle: 
Histoire de la philosophie moderne
Grade: 
Doctorant
Unités de recherche: 
Catégories de l'action
Art et politique
Année de première inscription: 
2016.00
Nom de la thèse: 
La fatigue au travail, état multifactoriel, ressenti singulier.
Sujet de la thèse: 

 La « fatigue » semble dès le premier abord être polysémique en tant que terme et protéiforme en tant que notion. Peut-on espérer tracer une esquisse autour de ces contours flous, dont la subjectivité semble être l'outil principal de définition ? La thèse en cours va tenter en utilisant l'approche ergologique, d'appréhender les enjeux individuels et collectifs de la fatigue au travail, puis à partir de l'analyse de situations concrètes, de comprendre comment ils peuvent s'articuler, et enfin de suggérer des pistes utiles en prévention et santé au travail.

Pour remplir ces objectifs, un premier temps sera consacré à approcher une notion évolutive, celle de la fatigue en général et de la fatigue au travail plus spécifiquement. Tout d'abord, un survol historique permettra de brosser les façons successives d'aborder la fatigue. Le focus se reserrera ensuite sur les approches actuelles de la fatigue au travail. Les différentes composantes de la fatigue au travail serons détaillées en les resituant dans leurs temporalités (court, moyen et long termes). Cela conduira à aborder entre autres les concepts de stress, de risques psycho-sociaux ou de troubles musculo-squelettiques.

Un deuxième temps sera dédié au concept ergologique de corps-soi, lieu de mobilisation de l'acteur, en tant que creuset où se mêle le ressenti subjectif de la fatigue et les arbitrages stratégiques destinés à agir sur celle-ci.

Enfin, dans un troisième temps, il sera laissé une large place à une étude de terrain, dont le but est double : mettre en lumière les articulations entre les divers éléments liés à la fatigue au travail en situations réelles, puis faire émerger des pistes théoriques sur le fonctionnement global des interactions entre facteurs de fatigue au travail

Sous la direction de (IHP): 
Christine Noël Lemaître
Points forts de recherches et résultats marquants: 

Séminaire des doctorans de l'IHP, 16/05/2018,  Fatigue au travail et précarité : le poids de l'incertitude

La fatigue au travail est un objet qui se présente d'emblée comme plurifactoriel et comme cause de retentissements multiples pour l'acteur. Au cours de l'enquête de terrain, destinée à recueillir des connaissances issues de situations réelles, une des composantes s'est détachée : la précarité. En effet, la précarité s'est révélée être un facteur engendrant et accentuant d'autres facteurs de fatigue au travail.

Cette précarité évoquée accompagne de façon spécifique, le milieu professionnel où se déroule le travail de terrain de la thèse en cours, celui des techniciens du spectacle. Ainsi, la succession permanente entre emplois de courte durée et périodes d'inactivité, situation de la plupart de ces salariés, notamment de ceux rencontrés au cours de l'étude, agit particulièrement sur leur état de fatigue. Son influence sur la fatigue au travail, a bien sûr lieu de façon assez directe sur la fatigue psychique, l'insécurité de l'emploi faisant partie des facteurs reconnus de risques psycho-sociaux, mais elle augmente aussi la charge mentale en imposant la mise en place de stratégies parfois coûteuses pour assurer la continuité du revenu. En termes de conséquences au niveau physique, la situation de précarité réduit les marges de manœuvre que le salarié pourrait utiliser pour s'économiser et préserver sa santé, tout particulièrement le respect d'un temps de récupération physique et psychique suffisant.

La précarité, réelle ou ressentie, est toutefois loin de concerner exclusivement les techniciens du spectacle, car elle touche un nombre grandissant de salariés. Ses implications, tant sur les modalités d'accès à l'emploi que sur les répercutions sur la fatigue au travail, se retrouvent dans différents secteurs d'activité. Ceci autorise donc à examiner son impact, et celui de ses conséquences principales, l'incertitude quant aux revenus et l'irrégularité des temps de travail, d'une façon globale en tant que facteurs de la fatigue au travail relativement généralisables, tout en l'illustrant plus particulièrement à l'aide des observations de terrain rencontrées.

 

Nadège
Edwards