La vérité : Platon et les sophistes, IIIe colloque international de la Section Méditerranéenne de l’International Plato Society

Résumé ou Présentation: 

[Intervenants par ordre de prise de parole : Tomás CALVO (Université Complutense de Madrid), Aldo BRANCACCI (Université de Rome), Silvia GASTALDI (Université de Pavie), Piera DE PIANO (Université de Naples), Silvio MARINO (Université de Naples), Cristina ROSSITTO (Université de Padoue), Geneviève LACHANCE (Université libre de Bruxelles), Leo CATANA (Université de Copenhague), Karine TORDO-ROMBAUT (CPGE, Annecy), Maurizio MIGLIORI (Université de Macerata), Lidia PALUMBO (Université de Naples), Elsa GRASSO (Université de Nice Sophia- Antipolis), Francesca EUSTACCHI (Université de Macerata), Giovanni CASERTANO (Université de Naples), Elisabetta CATTANEI (Université de Cagliari), Francesca PENTASSUGLIO (Université de Rome), Livio ROSSETTI (Université de Pérouse), Alexis PINCHARD (CPGE, Lycée Militaire d’Aix en- Provence), Jean-Luc PERILLIE (Université de Montpellier), Mariella MENCHELLI (Université de Pise), Odile van der VAEREN (Université libre de Bruxelles), Jordi CASASAMPERA (Université de Barcelone), Refik GUREMEN (Université d’Istanbul), Juan de Dios BARES (Université de Valence), Paulo LIMA (Université de Coimbra), Mehdi BEN HADJ MABROUK (Université de Sfax), Luc BRISSON (C.N.R.S., Villejuif), Andrea CAPRA (Université de Milan), Mario REGALI (Université de Bari), Anna MOTTA (Université de Naples), Beatriz BOSSI (Université Complutense de Madrid), Mario VEGETTI (Université de Pavie)]

Nations représentées : Espagne, Italie, Belgique, Danemark, France, Portugal, Turquie, Tunisie Allemagne — Nombre de participants : 130

Langues : les langues de l’International Plato Society en usage dans le pourtour méditerranéen : français, espagnol, italien, anglais .

Le colloque organisé par « Institut d’histoire de la philosophie » comme activité de l’Unité de recherche, s’inscrivait dans la tradition des colloques de la Section méditerranéenne de l’International Plato Society ce qui explique que les intervenants provenaient exclusivement des pays de l’aire géographique méditerranéenne.

Le but du colloque international était de déterminer le rôle et le statut de la vérité dans la parole philosophique et son rapport à l’opinion, à travers l’étude des positions notamment de Platon et des sophistes, en appréhendant de manière transversale dans la philosophie pratique antique et moderne certaines dimensions qui relèvent de la production de discours qui se prétendent des discours de vérité alors même qu’elles reposent sur des procédures qui ne paraissent pas toujours relever de la recherche de la vérité.

Dans le monde contemporain, la question de la vérité et du mensonge a une place prépondérante dans tous les secteurs de la vie sociale, dans le domaine politique, dans le domaine médical, dans le domaine de la stratégie militaire, dans le domaine éducatif, dans le domaine juridique, dans le domaine commercial, mais tout aussi bien dans la vie quotidienne ou dans la vie qui est celle de la société civile.

Que peut apporter aux interrogations contemporaines sur la question de la vérité, l’approche de cette question par les philosophes de l’Antiquité dont c’était 

l’interrogation première au moment même où se constituait la philosophie et ce qui allait devenir notre rationalité ? Tel était l’objet central de ce colloque international de philosophie ancienne.

Les chercheurs réunis à l’occasion de ce colloque travaillent pour grand nombre d’entre eux depuis longtemps sur le thème de la rationalité dans la pensée de Platon et plus particulièrement sur le thème de la mise en place et du développement de la notion de philosophie chez cet auteur, sur son statut et sa fonction, tant d’un point de vue théorétique que d’un point de vue pratique et politique. La notion de philosophie apparaît chez Platon à travers une approche de la question dialectique en concurrence avec d’autres modèles d’activité intellectuelle, avec d’autres approches de la vérité, comme celles de la médecine, de la poésie et, d’une façon générale, celles mises en place par les activités techniques. Mais la figure du philosophe se construit principalement chez Platon à travers une confrontation qui est aussi une rencontre avec la figure du sophiste.

Si, dans les dialogues de Platon, la présence d’une polémique très forte est évidente, et si c’est bien de cette confrontation et de cette rencontre qu’émerge la figure du philosophe telle que nous la connaissons, il était opportun de se demander ce que le vainqueur de cette joute (Platon) intègre de celui qu’il a défait (le sophiste), et quels aspects de la sophistique viennent alimenter le nouveau champ disciplinaire ouvert par Platon sous le nom de philosophie. Pour répondre à cette question l’étude de la notion de vérité a paru être l’un des champs les plus fertiles, tant cette notion est fondamentale pour la philosophie comme pour la sophistique, et c’est ce que le colloque a montré. Ce sont les limites épistémologiques mises en évidence par les sophistes quant à la possibilité pour l’homme d’atteindre une vérité stable qui contraignent Platon à chercher une vérité non pas à partir des choses, mais à travers des logoi, non pas dans le domaine du sensible mais dans le domaine intellectuel. Et c’est précisément l’importance du logos qui constitue le fonds commun de la vérité des sophistes et de celle de Platon, et qui permet d’intégrer la figure du sophiste dans celle du philosophe.

L’un des résultats les plus remarquables du colloque a été la prise en considération des effets que la sophistique a produits sur la pensée de Platon et continue, à travers lui, de produire sur la pensée philosophique et sur les conceptions du langage, de la politique et de la culture les plus contemporaines, effets encore sur l’élaboration théorique de doctrines centrées sur l’efficace et orientées par des procédures de langage relevant de la persuasion, effets, finalement, sur la réception même des œuvres, tant des sophistes que de Platon. Les Actes du colloque paraîtront aux éditions Vrin. Le contrat de publication est d’ores et déjà en cours de signature.

Date: 
Vendredi, octobre 9, 2015 - 09:00 - Dimanche, octobre 11, 2015 - 17:00
Lieu: 
Maison de la Recherche
Adresse: 
29, Avenue Robert Schuman
13100 Aix-en-Provence
France
Auteur(s) / Organisateur(s): 
Alonso Tordesillas
Michele Corradi
Auteur(s) / Organisateur(s)hors IHP: 
Franco Ferrari (Université de Salerne), Francesco Fronterotta (Université de Rome « La Sapienza ») Institutions organisatrices : Institut d’histoire de la philosophie (E.A.3276) de l’Université d’Aix- Marseille
Type de production: 
Organisation d'un colloque
Codification AERES: 
ACTI
Année de la manifestation: 
2015